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	<title>Croyances et Villes</title>
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		<title>Croyances et Villes</title>
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		<title>La divine &#233;conomie</title>
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		<dc:subject>Libre acc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans son ouvrage &#171; La divine &#233;conomie &#187;, l'&#233;conomiste Paul Seabright m&#232;ne l'enqu&#234;te dans les m&#233;andres du march&#233; de la foi, allant du Ghana &#224; l'Inde, de Saint Paul &#224; Facebook, des temples, des mosqu&#233;es, des &#233;glises aux bo&#238;tes de nuit. Un minutieux d&#233;corticage des organisations religieuses avec les outils de l'analyse &#233;conomique.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au XXIe si&#232;cle, la religion prosp&#232;re dans le monde entier, malgr&#233; son d&#233;clin apparent dans certaines parties de l'Europe et de l'Am&#233;rique. Depuis toujours, les diff&#233;rents mouvements religieux se livrent une concurrence acharn&#233;e pour la richesse et le pouvoir. Dans les faits, les religions sont aujourd'hui des acteurs &#233;conomiques : elles recrutent du personnel, collectent des fonds, g&#232;rent des budgets et des infrastructures, organisent des transports, motivent leurs employ&#233;s et transmettent leur message. Dans &lt;i&gt;La divine &#233;conomie&lt;/i&gt;, l'&#233;conomiste Paul Seabright affirme que les mouvements religieux sont une forme particuli&#232;re d'entreprise. Ce sont des plateformes qui rassemblent des membres en qu&#234;te d'&#233;panouissement spirituel, de r&#233;seaux d'amiti&#233; et de mariage ou d'occasions de faire des affaires. C'est la pluralit&#233; des services propos&#233;s qui a permis aux religions de se consolider et d'exercer leur pouvoir. Souvent b&#233;n&#233;fique pour ses membres, notamment lorsqu'elle leur offre une assurance contre les al&#233;as de l'existence ou un sentiment de reconnaissance, la religion peut aussi &#234;tre utilis&#233;e pour nuire : les dirigeants politiques l'instrumentalisent souvent &#224; des fins autoritaires, et les chefs religieux peuvent exploiter la confiance des croyants afin d'abuser d'eux ou de provoquer des violences &#224; l'encontre de personnes ext&#233;rieures. Sans prendre parti, Seabright s'appuie sur les r&#233;sultats r&#233;cents des sciences &#233;conomiques et sociales pour montrer comment la religion et la soci&#233;t&#233; la&#239;que peuvent coexister dans un monde o&#249; certains individus ne ressentent pas le besoin de religion, mais o&#249; beaucoup r&#233;pondent encore avec enthousiasme &#224; son appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'auteur :&lt;/strong&gt; Paul Seabright est un &#233;conomiste et professeur. Il a fait ses &#233;tudes de premier cycle &#224; New College (Oxford) et obtenu le &#171; Congratulatory first class honour &#187; en 1980. Il a termin&#233; sa ma&#238;trise en sciences &#233;conomiques en 1982 et a obtenu le titre de docteur en &#233;conomie en 1988 &#224; l'universit&#233; d'Oxford. Il est aujourd'hui professeur d'&#233;conomie &#224; l'universit&#233; Toulouse 1 Capitole, chercheur &#224; l'Institut d'&#233;conomie industrielle (IDEI) et membre de la Toulouse School of Economics (TSE).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'Iran f&#234;te Norouz &#171; Nouveau jour &#187;</title>
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		<dc:subject>Libre acc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>International</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De T&#233;h&#233;ran sous les bombes &#224; Los Angeles en passant par Paris et Londres, les Iraniens du monde entier c&#233;l&#232;brent vendredi Norouz, leur Nouvel An, partag&#233;s entre l'angoisse de la guerre et l'espoir de meilleurs lendemains.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C&#233;l&#233;br&#233;e par 300 millions de personnes dans plus de 15 pays, Norouz est une f&#234;te de tradition persane qui marque le retour du printemps et le d&#233;but de la nouvelle ann&#233;e. Norouz 2026 incarne particuli&#232;rement cet espoir de renouveau pour des millions d'Iraniens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Norouz est la f&#234;te traditionnelle des peuples iraniens qui c&#233;l&#232;brent le nouvel an du calendrier persan. La f&#234;te est c&#233;l&#233;br&#233;e par certaines communaut&#233;s le 21 mars et par d'autres le jour de l'&#233;quinoxe vernal, dont la date varie entre le 19 et le 22 mars. L'origine du Norouz se situe dans l'Iran ancien et est reste &#224; toutes les &#233;poques, la f&#234;te la plus populaire de l'ann&#233;e. Selon les pays et les contextes elle est aussi un moment d'affirmation identitaire, de r&#233;sistance et d'espoir&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Un-Norouz-politique'&gt;Un Norouz politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;F&#234;te h&#233;rit&#233;e de la culture pr&#233;islamique, Norouz c&#233;l&#232;bre la nouvelle ann&#233;e du calendrier perse. Depuis la mort de Mahsa Amini en septembre 2022, elle s'est-elle teint&#233;e d'une connotation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2023, cette pratique festive mill&#233;naire s'est teint&#233;e d'une connotation beaucoup plus politique, les femmes jetant tour &#224; tour leur voile dans les grands brasiers allum&#233;s pour l'occasion. Quelques jours plus tard, le soir de Norouz venu, les Iraniens, torches &#224; la main, ont entonn&#233; des slogans anti-r&#233;gime. Rapidement dispers&#233;es, ces foules se perdent dans la nuit, laissant derri&#232;re elles quelques graffitis promettant le retour du soul&#232;vement provoqu&#233; par la mort de Mahsa Amini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette ann&#233;e, l'atmosph&#232;re sera sans doute moins festive. En particulier &#224; T&#233;h&#233;ran, dont les habitants sont soumis &#224; rude &#233;preuve depuis le d&#233;but des frappes am&#233;ricano-isra&#233;liennes, le 28 f&#233;vrier, et sous le contr&#244;le accru des basidj.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Une-fete-pluri-millenaire'&gt;Une f&#234;te pluri-mill&#233;naire &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Norouz (en persan : nowruz) a des origines zoroastriennes. Le mot vient de l'avestique nava, &#171; nouveau &#187; + r&#601;za&#331;h, &#171; jour &#187;/&#171; lumi&#232;re du jour &#187; (&#171; nouveau jour &#187;/&#171; nouvelle lumi&#232;re &#187;), et qui a toujours le m&#234;me sens en persan (no, &#171; nouveau &#187; + ruz ou rouz, &#171; jour &#187;, signifiant &#171; nouveau jour &#187;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Apparu dans la steppe eurasienne ou dans le nord-est du monde iranien dans la seconde moiti&#233; du IIe mill&#233;naire av. J.-C, le zoroastrisme se construit autour de la lutte entre le dieu d&#233;miurge Ahura Mazda et l'esprit du mal Ahriman. Ahura Mazda, bien qu'entour&#233; d'un certain nombre d'entit&#233;s, est seul responsable de l'ordonnancement du chaos initial, le cr&#233;ateur du ciel et de la Terre. &lt;br class='manualbr' /&gt;Chaque &#234;tre humain est dot&#233; d'une &#226;me &#233;ternelle et de libre arbitre. Des zoroastriens croient aussi en la figure messianique du Saoshyant, futur sauveur du monde, qui rendra le monde parfait et immortel, et que le mal (la druj) dispara&#238;tra ainsi lors de la grande &#171; R&#233;novation &#187;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dans la variante Fasli du calendrier zoroastrien, les perses c&#233;l&#232;brent aussi Norouz comme le premier jour de l'ann&#233;e nouvelle. D'autres variantes du calendrier zoroastrien c&#233;l&#232;brent deux fois Norouz, une fois en tant que Jamshedi Navroz, le 21 mars en tant que d&#233;but du printemps, et un second Norouz a lieu, en juillet/aout, en tant que veille de l'ann&#233;e nouvelle ou jour de l'an. Que ce second Norouz soit c&#233;l&#233;br&#233; le dernier jour de l'ann&#233;e (contrairement &#224; ce que laisse penser ce terme qui signifie &#171; nouveau jour &#187;) pourrait &#234;tre d&#251; au fait que dans la Perse antique le jour commen&#231;ait au coucher du soleil, alors qu'ult&#233;rieurement, les Perses pensaient que le jour commen&#231;ait au lever du soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#234;t&#233;e depuis plus de 3 000 ans, Norouz est c&#233;l&#233;br&#233;e par diverses communaut&#233;s en Asie de l'Ouest, Asie centrale, Caucase, bassin de la mer Noire, Balkans et Asie du sud influenc&#233; ou sous la domination de l'Empire perse. De m&#234;me que Sadeh (qui est c&#233;l&#233;br&#233; au milieu de l'hiver), Norouz a surv&#233;cu dans la soci&#233;t&#233; apr&#232;s l'introduction de l'islam en 650 apr. J-C. &lt;br class='manualbr' /&gt;Apr&#232;s la chute du califat et la r&#233;&#233;mergence de dynasties perses, tels les Samanides et les Bouyides, Norouz a &#233;t&#233; &#233;lev&#233; &#224; un niveau encore plus important : les Bouyides ont fait revivre les anciennes traditions de l'&#233;poque sassanide et restaur&#233; d'autres c&#233;l&#233;brations de moindre importance qui avaient &#233;t&#233; &#233;limin&#233;es par le califat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les envahisseurs ottomans et mongols n'ont pas tent&#233; d'abolir Norouz au profit d'une autre c&#233;l&#233;bration. Norouz est donc rest&#233; la principale f&#234;te des Iraniens &#224; la fois au niveau officiel et populaire. &lt;br class='manualbr' /&gt;La derni&#232;re illustration remarquable de la stabilit&#233; de cette f&#234;te est &#224; la suite de l'av&#232;nement de la R&#233;publique islamique. Le nouveau r&#233;gime d'ob&#233;dience religieuse voyait d'un mauvais &#339;il une c&#233;l&#233;bration si grandiose et si populaire pour une f&#234;te dont l'origine n'&#233;tait pas musulmane. Apr&#232;s deux d&#233;cennies, la volont&#233; populaire a donn&#233; raison &#224; l'Histoire. Norouz a &#233;t&#233; de nouveau c&#233;l&#233;br&#233; en Iran encore plus fastueusement que par le pass&#233; et de grands Haft S&#238;n ont fait leur apparition ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; l'initiative de la mairie de T&#233;h&#233;ran dans les grandes places de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Norouz-dans-l-Iran-moderne'&gt;Norouz dans l'Iran moderne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En Iran, les pr&#233;parations de Norouz commencent pendant Esfand, le dernier mois d'hiver dans le calendrier persan. Les Iraniens, les Afghans et d'autres groupes commencent &#224; se pr&#233;parer en faisant un grand &#171; nettoyage de printemps &#187; dans leurs maisons, s'ach&#232;tent de nouveaux v&#234;tements pour la nouvelle ann&#233;e et ach&#232;tent des fleurs (la jacinthe v&#233;ritable et la tulipe sont particuli&#232;rement populaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En association avec la renaissance de la nature, le nettoyage de printemps est la tradition nationale suivie par la plupart des m&#233;nages en Iran. Cela est aussi &#233;tendu aux effets personnels, et traditionnellement, tout le monde s'ach&#232;te au moins une garde robe neuve. Le jour du nouvel an, les familles s'habillent avec leurs v&#234;tements neufs et commencent alors les r&#233;jouissances de cette p&#233;riode, en allant rendre visite aux anciens, puis au reste de la famille et enfin aux amis. Le treizi&#232;me jour (sizdah bedar), les familles quittent leur maison et vont pique-niquer &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les vacances de Norouz, on attend de tous qu'ils se rendent visite (principalement limit&#233;es &#224; la famille, aux amis et aux voisins) sous forme de courtes visites &#224; la maison, qui sont g&#233;n&#233;ralement suivies de r&#233;ciprocit&#233;. Typiquement, le premier jour de l'ann&#233;e, les membres de la famille se retrouvent &#224; table, sur laquelle sont pos&#233;s les Haft-sin (ou dispos&#233;s &#224; proximit&#233;) et attendent le moment exact de la nouvelle ann&#233;e. &#192; ce moment-l&#224;, des cadeaux sont &#233;chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard dans la journ&#233;e, les jeunes rendent visite aux plus &#226;g&#233;s. Les visites doivent &#234;tre assez courtes pour permettre de voir tous les gens &#224; qui l'on a pr&#233;vu de rendre visite. Ces visites durent g&#233;n&#233;ralement une demi-heure, pendant laquelle on rencontre g&#233;n&#233;ralement de la famille et des amis qui sont eux aussi en train de faire la tourn&#233;e de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cause de ces visites, il faut s'assurer d'avoir assez de p&#226;tisseries, g&#226;teaux, fruits frais et secs sous la main, puisque ces derniers sont g&#233;n&#233;ralement distribu&#233;s aux visiteurs en m&#234;me temps qu'un th&#233; ou un sirop. Beaucoup d'Iraniens organisent ce jour de grandes f&#234;tes rassemblant tout le monde pour pouvoir r&#233;unir les convives qui viennent de loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fran&#231;ais, Norouz est &#233;galement appel&#233; Nouvel An iranien ou Nouvel An persan. Le Norouz est d'ailleurs inscrit &#224; l'inventaire du patrimoine culturel immat&#233;riel en France depuis 2019. La &#171; Journ&#233;e internationale du Norouz &#187; a &#233;t&#233; institu&#233;e par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU en 2010 apr&#232;s avoir &#233;t&#233; inscrite &#224; l'inventaire mondial du patrimoine immat&#233;riel de l'UNESCO en septembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communaut&#233; iranienne organise ainsi, chaque ann&#233;e, la c&#233;l&#233;bration de Nowrouz dans diff&#233;rentes villes fran&#231;aises. G&#233;n&#233;ralement les associations franco-iraniennes prennent l'initiative d'organiser cette c&#233;r&#233;monie. &lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; Paris, depuis 2018 une association fran&#231;aise loi de 1901, appel&#233; le Centre Franco-Iranien prend l'initiative in&#233;dite d'organiser la f&#234;te de Norouz en commun avec l'association des Afghans de Paris. En 2019, la c&#233;r&#233;monie qui a &#233;t&#233; organis&#233;e &#224; la Mairie du 4e, rassemblant pr&#232;s de 500 personnes, a &#233;t&#233; marqu&#233;e par la participation des artistes afghans, fran&#231;ais, indiens et iraniens.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Les-Haft-Sin-les-sept-lt-lt-S'&gt;Les Haft S&#238;n : les sept &#171; S &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La tradition principale de Norouz est la mise en place des Haft S&#238;n (les sept S), sept objets dont le nom commence par la lettre S ou s&#238;n de l'alphabet persan, qui sont sept objets sp&#233;cifiques dispos&#233;s sur une table correspondant aux sept cr&#233;ations et aux sept immortels les prot&#233;geant. Aujourd'hui, ils ont &#233;t&#233; un peu modifi&#233;s mais le symbolisme demeure. Chaque famille essaie de garnir sa table des Haft S&#238;n le plus joliment possible, puisque le sens spirituel est aussi important que la fa&#231;on dont ils sont dispos&#233;s afin que les visiteurs voient cette disposition comme une r&#233;flexion de leurs go&#251;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste suivante est un exemple des objets servant &#224; faire les Haft S&#238;n : &lt;i&gt;sabzeh&lt;/i&gt; - germes de bl&#233;, orge ou lentille, qui ont pouss&#233; dans un plat pendant au moins une dizaine de jours (symbolisant la renaissance) ; &lt;i&gt;samanou&lt;/i&gt; - une p&#226;te tr&#232;s sucr&#233;e fait de bl&#233; germ&#233; (symbolisant l'abondance) ; &lt;i&gt;senjed&lt;/i&gt; - le fruit s&#233;ch&#233; du jujubier ou plut&#244;t de l'Eleagnus angustifolia, &#171; Olivier de Boh&#234;me &#187;(symbolisant l'amour) ; &lt;i&gt;s&#238;r&lt;/i&gt; - ail (m&#233;decine) ; &lt;i&gt;s&#238;b&lt;/i&gt; - pommes (beaut&#233; et bonne sant&#233;) ; &lt;i&gt;somaq&lt;/i&gt; - baies de sumac (la couleur du lever du soleil et sant&#233;) ; &lt;i&gt;serkeh&lt;/i&gt; - vinaigre (l'&#226;ge et la patience) ; &lt;i&gt;sonbol&lt;/i&gt; - l'odorante fleur de jacinthe (l'arriv&#233;e du printemps) ; &lt;i&gt;sekkeh&lt;/i&gt; - pi&#232;ces (prosp&#233;rit&#233; et sant&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres objets ornent &#233;galement la table : des p&#226;tisseries ; des bougies allum&#233;es (bonheur) ; un miroir ; des &#339;ufs peints, peut-&#234;tre un pour chaque membre de la famille (fertilit&#233;) ; un bol avec deux (ou plus) poissons rouges (vie) ; un bol d'eau contenant une orange am&#232;re (la terre flottant dans l'espace) ; eau de rose pour ses pouvoirs magiques nettoyants ; les couleurs nationales, pour la touche de patriotisme ; un livre sacr&#233;, par exemple l'Avesta, ou encore un livre de po&#233;sie (presque toujours le &lt;i&gt;Sh&#226;h N&#226;m&#226;&lt;/i&gt; ou le &lt;i&gt;div&#226;n d'Hafez&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Gathas&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Sizdah-Bedar-le-treizieme-dehors'&gt;Sizdah Bedar : le treizi&#232;me dehors&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Norouz dure ainsi douze jours et le treizi&#232;me jour repr&#233;sente le chaos, moment pendant lequel les familles, pour &#233;viter la malchance associ&#233;e au nombre 13, sortent de la maison profiter d'un pique-nique festif : c'est sizdah bedar, le &#171; treizi&#232;me dehors &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette c&#233;l&#233;bration du treizi&#232;me jour, S&#238;zdah Bedar, vient de la croyance des anciens Perses que les 12 constellations du Zodiaque contr&#244;laient les mois de l'ann&#233;e, et que chacun r&#233;gnait sur la Terre pour un millier d'ann&#233;es. &#192; la fin de ce cycle, le ciel et la Terre sombraient dans le chaos. En cons&#233;quence, Norouz, dure 12 jours et le treizi&#232;me repr&#233;sente le chaos, moment pendant lequel les familles mettent l'ordre de c&#244;t&#233; et &#233;vitent la malchance associ&#233;e au nombre treize en allant dehors et en profitant d'un pique-nique et d'une f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la cl&#244;ture des c&#233;l&#233;brations de cette journ&#233;e, les sabzeh (germes de bl&#233; ou d'orge, lentilles) cultiv&#233;es pour le Haft S&#238;n (qui a symboliquement recueilli toute la maladie et la malchance) sont jet&#233;es dans de l'eau courante pour exorciser les d&#233;mons (divs) de la maisonn&#233;e. Il est aussi de coutume pour les jeunes femmes c&#233;libataires d'attacher les tiges des sabzeh avant de les jeter, exprimant ainsi le souhait d'&#234;tre mari&#233;es avant le S&#238;zdah Bedar de l'ann&#233;e suivante.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Norouz-et-la-diaspora-iranienne'&gt;Norouz et la diaspora iranienne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Partout dans le monde, la tradition de Norouz est &#233;galement extr&#234;mement respect&#233;e par les millions d'Iraniens vivants &#224; l'&#233;tranger. Comme &#224; Los Angeles, surnomm&#233;e &#171; T&#233;h&#233;rangeles &#187; en raison de son immense communaut&#233;, &#233;valu&#233;e &#224; 500.000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sente dans de nombreux pays (&#201;tats-Unis, Canada, &#201;mirats, Turquie, Belgique&#8230;), la diaspora iranienne est le fruit de plusieurs vagues d'immigration et surtout d'exils qui en font une communaut&#233; tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne, si bien qu'il serait plus juste de parler des diasporas iraniennes. Les Iraniens de l'&#233;tranger ont toutefois en commun la m&#233;moire traumatique de la R&#233;volution de 1979 et leur d&#233;testation du r&#233;gime. Le mouvement &#171; Femme, Vie, Libert&#233;&#8221; a d'ailleurs donn&#233; lieu &#224; des mobilisations d'une ampleur in&#233;dite, signe d'une remobilisation de ces Iraniens hors d'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des villes comme Toronto, Londres, Los Angeles ou encore Duba&#239;, qui abritent d'importantes communaut&#233;s iraniennes, proposent des festivit&#233;s pour c&#233;l&#233;brer Norouz loin de l'Iran : journ&#233;es d'activit&#233;s pour les enfants, soir&#233;e disco, show de drag queens ou plus simplement, repas traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Norouz c&#233;l&#232;bre ainsi la vie et le renouveau, c'est le moment o&#249; l'on cl&#244;ture le pass&#233; pour accueillir de mani&#232;re positive l'avenir !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Droit &#224; l'avortement : l'&#201;tat du Wyoming ram&#232;ne le d&#233;lai &#224; six semaines</title>
		<link>https://www.2026.croyancesetvilles.fr/Droit-a-l-avortement-l-Etat-du-Wyoming-ramene-le-delai-a-six-semaines.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>REDACTION</dc:creator>


		<dc:subject>Libre acc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>droits de l'homme</dc:subject>
		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 24 juin 2022, la Cour supr&#234;me am&#233;ricaine d&#233;cr&#233;tait que le droit &#224; l'avortement n'&#233;tait pas un droit constitutionnel en annulant l'arr&#234;t Roe vs. Wade. Depuis les interdictions et restrictions se multiplient dans les &#201;tats am&#233;ricains.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la Floride, la Georgie, l'Iowa et la Caroline du Sud, le Wyoming est le cinqui&#232;me &#201;tat am&#233;ricain &#224; interdire l'avortement d&#232;s la d&#233;tection d'un &#171; battement de coeur foetal &#187;, soit &#224; six semaines environ.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouverneur r&#233;publicain du Wyoming a promulgu&#233; lundi une loi interdisant l'avortement dans cet &#201;tat apr&#232;s la d&#233;tection d'un &#171; battement de coeur foetal &#187;, ce qui se produit environ six semaines apr&#232;s le d&#233;but de grossesse quand de nombreuses femmes ne savent pas encore qu'elles sont enceintes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'ai promulgu&#233; aujourd'hui la loi sur le rythme cardiaque humain (HEA 29), r&#233;affirmant ainsi mon attachement au caract&#232;re sacr&#233; de la vie &#187;, a &#233;crit le gouverneur Mark Gordon sur son compte X.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une activit&#233; cardiaque est d&#233;tect&#233;e, un avortement ne peut &#234;tre pratiqu&#233; qu'en cas d'urgence m&#233;dicale, si la vie de la m&#232;re est en danger ou si la poursuite de la grossesse risque d'entra&#238;ner une atteinte grave ou irr&#233;versible &#224; une fonction corporelle majeure, selon le projet de loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte ne pr&#233;voit aucune exception pour les grossesses r&#233;sultant d'un viol ou d'un inceste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute personne qui enfreint intentionnellement ou sciemment cette loi sera accus&#233;e d'un crime passible d'une peine de prison pouvant aller jusqu'&#224; cinq ans, d'une amende pouvant atteindre 10.000 dollars, ou des deux, selon le projet de loi.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Consequence-de-l-annulation-de-l-arret-R-Wade'&gt;Cons&#233;quence de l'annulation de l'arr&#234;t R.Wade&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 24 juin 2022, la Cour supr&#234;me am&#233;ricaine d&#233;cr&#233;tait que le droit &#224; l'avortement n'&#233;tait pas un droit constitutionnel en annulant l'arr&#234;t Roe vs. Wade, via la d&#233;cision Dobbs. Depuis, les interdictions ou restrictions ont &#233;t&#233; prises dans plus d'un tiers des &#201;tats. Le Wyoming est le cinqui&#232;me &#201;tat am&#233;ricain &#224; interdire l'avortement &#224; ce stade de la grossesse, apr&#232;s la Floride, la Georgie, l'Iowa et la Caroline du Sud. Treize autres &#201;tats interdisent l'avortement &#224; tous les stades de la grossesse, &#224; quelques exceptions pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d' &#171; une atteinte &#224; la libert&#233; constitutionnelle des habitants du Wyoming de prendre leurs propres d&#233;cisions en mati&#232;re de soins de sant&#233; &#187;, a r&#233;agi Julie Burkhart, pr&#233;sidente de Wellspring Health Access, la seule clinique d'avortement du Wyoming, dans un communiqu&#233; cit&#233; par les m&#233;dias am&#233;ricains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;cosse : des fun&#233;railles plus &#233;cologiques avec la cr&#233;mation par l'eau</title>
		<link>https://www.2026.croyancesetvilles.fr/Ecosse-des-funerailles-plus-ecologiques-avec-la-cremation-par-l-eau.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>REDACTION</dc:creator>


		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Libre acc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;D&#233;j&#224; pratiqu&#233;e dans 28 pays dont l'Irlande, le Canada, l'Afrique du Sud et les &#201;tats-Unis, la cr&#233;mation par l'eau, ou aquamation, est d&#233;sormais l&#233;gale en &#201;cosse.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lundi 2 mars, le Parlement &#233;cossais a approuv&#233; la l&#233;galisation de la cr&#233;mation par l'eau, ou aquamation. Une premi&#232;re au Royaume-Uni, qui vise une r&#233;duction de l'impact des fun&#233;railles sur l'environnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'adoption de la cr&#233;mation par l'eau fait suite &#224; une consultation men&#233;e par le gouvernement &#233;cossais en 2023. Dans ce sondage, 84 % des personnes interrog&#233;es ont soutenu son introduction, rapporte The Telegraph. Approuv&#233;e par le Parlement &#233;cossais lundi 2 mars, elle fait de l'&#201;cosse le premier pays du Royaume-Uni &#224; autoriser ce processus de d&#233;gradation des tissus par &#171; hydrolyse alcaline &#187;, consid&#233;r&#233; comme plus &#233;cologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concr&#232;tement, l'aquamation consiste &#224; &#171; immerger le corps dans un m&#233;lange d'hydroxyde de potassium et d'eau chauff&#233; &#224; 150 &#176;C pendant quatre-vingt-dix minutes &#187;, d&#233;taille la BBC. Les tissus sont ainsi dissous, et ne restent alors que les os, qui sont ensuite rinc&#233;s dans une eau &#224; 120 &#176;C, s&#233;ch&#233;s puis broy&#233;s en une fine poudre qui peut &#234;tre remise aux proches, de la m&#234;me fa&#231;on que les cendres apr&#232;s une cr&#233;mation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Une-alternative-plus-respectueuse-de-l-environnement'&gt;Une alternative plus respectueuse de l'environnement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cit&#233;e par The Guardian, Jenni Minto, la ministre de la Sant&#233; publique &#233;cossaise, a salu&#233; l'introduction d' &#171; une solution nouvelle et &#233;cologique &#187;. Car selon les estimations, &#171; l'empreinte &#233;cologique moyenne d'une cr&#233;mation s'&#233;l&#232;ve &#224; 320 kilos de CO2 &#187;, quand l'hydrolyse alcaline &#233;mettrait, de son c&#244;t&#233;, &#171; sept fois moins de CO2 &#187;, informe la BBC. &lt;br class='manualbr' /&gt;Postdoctorante au sein du d&#233;partement de th&#233;ologie et de religion &#224; l'universit&#233; de Durham, dans le nord-est de l'Angleterre, Georgina Robinson estime, elle, qu'il s'agit d' &#187;une solution &#224; la diminution des terrains disponibles pour les inhumations &#187;. Autre avantage de ce processus, la r&#233;duction de l'utilisation de cercueils &#224; usage unique puisque l'aquamation n'en n&#233;cessite pas.&lt;br class='manualbr' /&gt;Selon le Guardian, l'Angleterre et le pays de Galles envisagent &#233;galement de faire &#233;voluer leurs l&#233;gislations, afin d'y inclure &#171; de nouvelles m&#233;thodes fun&#233;raires, y compris l'hydrolyse et le compostage humain &#187;, pr&#233;cise le quotidien britannique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'aquamation, est pratiqu&#233; dans 28 pays dont l'Irlande, le Canada, l'Afrique du Sud et les &#201;tats-Unis. Son prix en &#201;cosse devrait &#234;tre &#233;quivalent ou l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieur &#224; celui d'une cr&#233;mation classique, ne sera pas pratiqu&#233;e avant cet &#233;t&#233;. Car comme le pr&#233;cise la BBC, un &#233;quipement d'hydrolyse doit encore &#234;tre construit, et &#171; exigera l'autorisation de services d'urbanisme et de la compagnie des eaux Scottish Water &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le probl&#232;me du mal : Comprendre le mal comme mal absolu</title>
		<link>https://www.2026.croyancesetvilles.fr/Le-probleme-du-mal-Comprendre-le-mal-comme-mal-absolu.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.2026.croyancesetvilles.fr/Le-probleme-du-mal-Comprendre-le-mal-comme-mal-absolu.html</guid>
		<dc:date>2026-03-06T07:55:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Pigler</dc:creator>


		<dc:subject>Libre acc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>Expertises</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le Probl&#232;me du mal (3/3) - Dans son introduction Agn&#232;s Pigler, nous a parl&#233; de cette fiction, La grande menace (The M&#233;dusa touch), dans laquelle le protagoniste vainc par deux fois la mort, habit&#233; qu'il est par le mal radical, avec pour seul but la destruction de l'humanit&#233; enti&#232;re. Dans cette derni&#232;re partie de sa r&#233;flexion sur le probl&#232;me du mal, elle nous invite &#224; nous demander &#171; s'il n'y a pas un mal absolu sup&#233;rieur encore dans sa noirceur au mal radical &#187; en r&#233;pondant aux questions : &#171; Un tel mal absolu est-il pensable ? Est-il explicable ou bien surpasse-t-il &#224; la fois notre raison et notre imagination ? &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/-Theologie-et-philosophie-.html" rel="directory"&gt;Th&#233;ologie et philosophie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Philosophie-+.html" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous l'avons vu, le mal est une &#233;nigme et un scandale. C'est en tant qu'&#233;nigme qu'il nous a fallu rechercher ce qui l'explique. Mais nous nous sommes rendu compte que cela ne suffisait pas. Car le scandale reste entier malgr&#233; les explications : comment pourrait-on &#171; expliquer &#187; le scandale absolu des camps de la mort ? S'agissant d'Auschwitz toute tentative d'explication philosophique se trouve terriblement &#233;branl&#233;e et ne r&#233;siste gu&#232;re &#224; cette mise a&#768; l'&#233;preuve. Parmi les intellectuels, Hannah Arendt est, comme nous l'avons dit, une des rares &#224; avoir regard&#233; le probl&#232;me en face. Hans Jonas a n&#233;anmoins propos&#233; une autre analyse du mal absolu. Dans son ouvrage &lt;i&gt;Le concept de Dieu apr&#232;s Auschwitz&lt;/i&gt;, il analyse ce que signifie le silence de Dieu pendant le massacre de son peuple au cours de la Seconde Guerre mondiale. Selon lui, le fait que Dieu ait &#171; laisse&#769; faire &#187; le mal, est le signe de son impuissance. D'o&#249; cette conclusion : il ne faut pas expliquer le mal a&#768; partir de Dieu, mais comprendre Dieu a&#768; partir du mal. C'est pourquoi, devant le mal absolu que repr&#233;sente les camps de la mort, Jonas pose une question qui lui para&#238;t &lt;i&gt;in&#233;vitable&lt;/i&gt; : o&#249; &#233;tait Dieu quand on exterminait des innocents ? Le Dieu dont il est ici question n'est pas celui des philosophes, mais bien celui de la Thora, et devant le scandale absolu du mal nazi il faut reconnaitre que ce Dieu a &#233;t&#233; impuissant &#224; prot&#233;ger sa cr&#233;ation. L'exp&#233;rience historique du mal absolu, le nazisme et avec lui Auschwitz et l'extermination des Juifs, doit d&#232;s lors soulever la question de la validit&#233; de l'id&#233;e m&#234;me de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, pour Jonas, le mal absolu implique de renoncer &#224; l'id&#233;e de Dieu comme transcendant au mal absolu qui ronge sa Cr&#233;ation, nature et humanit&#233; ensemble, et son silence prouve son impuissance, et peut-&#234;tre son indiff&#233;rence, voire son inexistence. Auschwitz est donc le nom de l'&#233;v&#233;nement qui a r&#233;v&#233;l&#233; l'impuissance de Dieu. D&#232;s lors, l'humanit&#233; endosse une nouvelle responsabilit&#233;. Celle du mal commis, bien s&#251;r, du mal qui existe sans raison, sans motif, sans int&#233;r&#234;t &#8211; bref d'un Mal au-del&#224; de la compr&#233;hension et de l'explication (c'est le mal absolu), et au-del&#224; aussi de tout ce qui est fait pour le combattre ou, &#224; tout le moins, pour t&#233;moigner au nom d'une autre puissance que celle du Mal. D'une certaine mani&#232;re, quand Dieu n'est plus en mesure d'aider les hommes, c'est &#224; eux qu'il revient d'aider Dieu. Telle est la conclusion de Jonas dans ce terrible ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi le point de vue de Marcel Conche qui, dans son &lt;i&gt;Journal &#233;trange, &lt;/i&gt;&#233;crit que la souffrance des enfants constitue le mal absolu : &#171; La souffrance des enfants devrait suffire a&#768; confondre les avocats de Dieu &#187;. Et il ajoute cette pr&#233;cision : &#171; l'exp&#233;rience initiale a&#768; partir de laquelle s'est form&#233;e ma philosophie fut li&#233;e a&#768; la prise de conscience de la souffrance de l'enfant a&#768; Auschwitz ou a&#768; Hiroshima comme mal absolu, c'est-a&#768;-dire comme ne pouvant &#234;tre justifie&#769; en aucun point de vue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit, pour des philosophes comme Arendt, Jonas ou Conche, le mal absolu a pour caract&#233;ristique d'&#234;tre historique, d'une part, et d'&#234;tre impensable, d'autre part. Tous se r&#233;f&#232;rent &#224; la Shoah comme &#224; &lt;i&gt;l'&#233;v&#232;nement historique total&lt;/i&gt; qui a fait surgir le mal absolu devant nos consciences sans qu'elles puissent pour autant le comprendre et l'expliquer. Devant le scandale du mal absolu la raison ne peut que renoncer &#224; comprendre car le mal absolu produit un sentiment de d&#233;vastation intellectuelle et conceptuelle. Ainsi, le probl&#232;me du mal absolu s'identifie a&#768; celui de la capacit&#233; de destruction humaine, qui rel&#232;ve de notre seule responsabilit&#233;. La question qui se pose alors est la suivante : si Dieu a pu laisser faire advenir le mal absolu, par impuissance ou par indiff&#233;rence, pourquoi nous autres, hommes, avons-nous pu tol&#233;rer ce mal absolu, voire en &#234;tre complices par l&#226;chet&#233; ? L'homme doit se sentir pleinement responsable face au mal et plus encore face au mal absolu. La d&#233;couverte des camps de la mort, et tout ce que le mot d'Auschwitz en est venu a&#768; signifier en tant que manifestation d'une malveillance absolue sans explication ni absolution possible &#8211; tout cela n'implique-t-il pas notre &lt;i&gt;responsabilit&#233; enti&#232;re &lt;/i&gt;d'hommes conscients de notre humanit&#233; ? Si Auschwitz a an&#233;anti la port&#233;e de nos cat&#233;gories morales, Auschwitz a aussi soulev&#233; des doutes radicaux sur nos capacit&#233;s &#224; mettre en pratique ces cat&#233;gories morales en assumant la responsabilit&#233; de ce mal absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de banalit&#233; du mal arendtien prend alors un nouveau sens. En effet, si, dans son ouvrage sur Eichmann, Hannah Arendt a tellement insiste&#769; sur l'apparente absence d'intentions mal&#233;fiques chez ce criminel, c'est aussi, peut-&#234;tre, pour mettre en &#233;vidence la lourde t&#226;che et le spectaculaire d&#233;fi laiss&#233;s en partage a&#768; la philosophie ult&#233;rieure &#224; Auschwitz : la t&#226;che et le d&#233;fi de penser une responsabilit&#233; morale &lt;i&gt;hors intentionnalit&#233;&lt;/i&gt;. Dans le mal absolu tel qu'Arendt l'a analys&#233;, c'est bien en effet la notion d'intention qui vient en question &#8211; m&#234;me si elle n'emploie pas ce vocabulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Du mal radical au mal absolu, en passant par la banalit&#233; du mal, une compr&#233;hension politique est &#224; l'&#339;uvre&lt;/i&gt;. Pour expliquer ce point d&#233;cisif je dirai que le mal est dit &#171; radical &#187; eu &#233;gard au &#171; monde commun &#187;, c'est-&#224;-dire vis-&#224;-vis du monde-du-sens-partag&#233; en tant que monde &#171; politique &#187; ; et qu'il l'est parce qu'il vise sa destruction totale. Mais sa radicalit&#233; va de pair avec le fait troublant que ce mal est accompli individuellement de mani&#232;re tout &#224; fait &#171; banale &#187;, sans qu'il acqui&#232;re la profondeur d'un acte intentionnel. C'est ce dernier trait qui d&#233;finit paradoxalement, chez Arendt, le mal &#171; absolu &#187;. Ce paradoxe conduit directement au ph&#233;nom&#232;ne du mal politique, a&#768; savoir l'existence d'un mal qui ne s'accompagne pas d'un caract&#232;re satanique ni de sa tentation, et qui a cependant des cons&#233;quences sur la &lt;i&gt;totalit&#233;&lt;/i&gt; de la vie humaine. Le mal &#171; absolu &#187; est donc un mal qui s'attaque a&#768; la nature humaine elle-m&#234;me en visant &#224; abolir les racines du vivre-ensemble, c'est-a&#768;-dire la spontan&#233;it&#233; et la libert&#233; humaine. Cette compr&#233;hension du mal r&#233;v&#232;le la responsabilit&#233; des hommes dans le mal absolu et, du me&#770;me coup, l'espoir qu'il est peut-&#234;tre en notre pouvoir de le combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mal absolu constitue donc, pour la pens&#233;e, un d&#233;fi absolu dans la mesure o&#249;, comme le dit Arendt : &#171; Nous n'avons, en fait, rien &#224; quoi nous r&#233;f&#233;rer pour comprendre un ph&#233;nom&#232;ne dont la r&#233;alit&#233; accablante ne laisse pas de nous interpeller, qui brise les normes connues de nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mal absolu a &#233;galement &#233;t&#233; analys&#233; par Jacques Derrida dans un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Mal d'archive, une impression freudienne&lt;/i&gt; (1994)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;: Jacques Derrida mentionne le mal radical dans de nombreux textes, parmi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le mal absolu y est nettement distingue&#769; du mal courant, et ses manifestations concr&#232;tes sont sp&#233;cifi&#233;es : g&#233;nocides, Shoah, violence. Pour Derrida, &#224; chaque fois qu'on supprime la possibilit&#233; d'un a&#768;-venir, le mal est absolu. Ce mal absolu est tellement au-del&#224; du mal qu'on ne peut plus tracer une ligne continue entre l'un et l'autre. &lt;i&gt;L'annulation de l'avenir est donc l'autre nom du mal absolu,&lt;/i&gt; pour autant qu'il emp&#234;che que quoi que ce soit puisse arriver. Selon Derrida, quelles que soient les modalit&#233;s du mal, elles conduisent a&#768; ce plus grand risque, &#224; cette plus grande menace : celle qui d&#233;truit toute foi, tout h&#233;ritage, toute croyance, toute m&#233;moire, toute promesse, toute vie, et me&#770;me toute possibilit&#233; de penser ou d'&#339;uvrer. Le mal absolu est ainsi une force de destruction, une force d'annihilation qui ne laisse rien subsister derri&#232;re elle. Il est cette chose obscure, &#233;nigmatique, difficile a&#768; d&#233;limiter, d&#233;terminer ou de&#769;finir. Poser le mal absolu dans son rapport a&#768; la mort et &#224; la destruction c'est aussi poser la question de la r&#233;sistance a&#768; ce mal. &#171; &lt;i&gt;Tu ne tueras point &#187;&lt;/i&gt;, ce commandement qui para&#238;t aussi inconditionnel qu'universel est aussi le plus universellement transgress&#233;. La mort d'autrui est d&#233;valoris&#233;e, elle ne compte pour rien. Il n'y a pour l'autre ni compassion, ni deuil. Cette &#233;clipse est l'un des fondements du mal absolu, comme le montre tr&#232;s bien le film &lt;i&gt;La grande menace &lt;/i&gt; : que l'autre soit d&#233;truit, ou qu'il soit consid&#233;r&#233; comme non humain, cela ne revient-il pas, irr&#233;m&#233;diablement, au m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Derrida comme pour Arendt, penser la Shoah, &lt;strong&gt;c'est mettre la m&#233;taphysique a&#768; la question&lt;/strong&gt;, car aucun humanisme au monde ne peut r&#233;sister a&#768; cette mise a&#768; mort de l'&#233;thique qu'a &#233;t&#233; la Shoah. Aucune institution, qu'elle ait &#233;t&#233; partie prenante ou complice, ne sort indemne, immune, saine et sauve d'une dissociation aussi radicale entre l'&#233;thique et la justice. La &#171; solution finale &#187; est un &#233;v&#232;nement singulier, unique, qu'il faudrait red&#233;finir. On utilise en effet diff&#233;rents mots pour la nommer, sans pouvoir s'arr&#234;ter sur aucun &#8211; ni Auschwitz, ni Holocauste, ni Shoah. Comme le mal absolu ou le nazisme, elle ne peut &#234;tre pense&#769;e &lt;i&gt;qu'a&#768; partir de son autre&lt;/i&gt;, &#224; partir de ce qu'elle a tent&#233; d'annihiler, &#224; savoir : l'humanit&#233; &#8211; l'humanit&#233; au-del&#224; des pulsions de mort, de cruaut&#233;, de souverainet&#233; et de pouvoir. Et cet au-del&#224; implique une responsabilit&#233; &#233;thique infinie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons de v&#233;rifier, en suivant plusieurs auteurs, combien la philosophie &#233;prouve de mal &#224; sonder les ab&#238;mes du mal. L'art nous aidera-t-il &#224; appr&#233;hender enfin le mal dans son absoluit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument du film de L&#225;szl&#243; Nemes &lt;i&gt;Le fils de Saul&lt;/i&gt; est le suivant : en octobre 1944, Saul Ausl&#228;nder, un juif d&#233;port&#233; &#224; Auschwitz-Birkenau et qui fait partie d'un &lt;i&gt;Sonderkommando&lt;/i&gt;, est forc&#233; d'assister les SS-nazis dans la mise en &#339;uvre du processus d'extermination dans ce camp. Un jour o&#249; il doit nettoyer la chambre &#224; gaz et d&#233;placer les corps des supplici&#233;s, il cro&#238;t reconna&#238;tre le corps de son fils. Il va d&#232;s lors entreprendre de soustraire ce corps au four cr&#233;matoire et de lui offrir une s&#233;pulture digne, au risque de mettre en danger la r&#233;sistance qui est en train de s'organiser dans le camp. La fa&#231;on de filmer du r&#233;alisateur est int&#233;ressante puisque L&#225;szl&#243; Nemes cadre sans cesse, en plan tr&#232;s serr&#233;, la t&#234;te de Saul, seule &#224; &#234;tre nette sur l'&#233;cran, tout le reste &#233;tant tr&#232;s flou. Le film montre donc, sans le montrer vraiment, le mal absolu des camps de la mort. L'image floue de cet environnement terrifiant renforce le pouvoir de suggestion de l'image, tout en ne nous prot&#233;geant d'aucune mani&#232;re de la souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alt&#233;ration de l'image convoque alors l'imagination, cette derni&#232;re &#233;tant &#233;galement nourrie et renforc&#233;e par les images documentaires pr&#233;sentes dans l'esprit de chacun. Et il en va de m&#234;me pour les sons environnants, qui prennent un aspect encore plus &#233;pouvantable, peut-&#234;tre. Impossible en effet d'oublier les cris des d&#233;port&#233;s enferm&#233;s et leurs coups contre les portes de la chambre &#224; gaz ; impossible d'oublier les bruits des brosses frott&#233;es sur le sol pour nettoyer leur sang, ou les vocif&#233;rations gla&#231;antes des nazis. Mais, ce que souligne le film c'est avant tout la perte totale de sens dans cet univers du mal sans partage. La seule fa&#231;on de lutter contre cette inhumanit&#233; effroyablement organis&#233;e est le pur geste symbolique de Saul : il veut enterrer celui qu'il a d&#233;cid&#233; &#234;tre son fils, et il cherche &#224; travers tout le camp un rabbin pour r&#233;citer le Kaddish sur la tombe de ce fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; de Saul au c&#339;ur de l'inhumanit&#233; est une fa&#231;on de montrer ce qui est irrepr&#233;sentable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe et historien de l'art Georges Didi-Huberman a &#233;crit une lettre au r&#233;alisateur. Une lettre qu'il a intitul&#233;e &#171; &lt;i&gt;Sortir du noir&lt;/i&gt; &#187;, et qui est aujourd'hui publi&#233;e aux &#233;ditions de Minuit. Il tente dans cette lettre de mettre en mots le trouble qu'il a ressenti en voyant cette &#339;uvre cin&#233;matographique, chambre d'&#233;cho &#224; ses propres travaux : &lt;i&gt;&#171; Bien qu'ayant travers&#233; les m&#234;mes sources que vous, les images et les cris de votre film m'ont laiss&#233; sans d&#233;fense, sans savoir protecteur. Ils m'ont pris &#224; la gorge de plusieurs fa&#231;ons&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une mani&#232;re de souligner que l'art (ici le cin&#233;ma) doit avoir pour imp&#233;ratif, lorsqu'il veut repr&#233;senter le mal absolu, de ne pas le trahir, c'est-&#224;-dire de ne pas chercher &#224; l'expliquer &#8211; car cela offrirait paradoxalement au mal absolu l'occasion d'une sorte de &lt;i&gt;plaidoyer&lt;/i&gt;, un plaidoyer injuste et absurde. Si le mal est absolu, il &#233;chappe n&#233;cessairement &#224; ceux qui tentent de le dire, de l'expliquer, de le comprendre : peut-on vraiment imaginer, penser, expliquer par quelque raison que ce soit la Shoah ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, et Primo L&#233;vi a eu raison d'&#233;crire, &#224; propos de la Shoah : &#171; Peut-&#234;tre que ce qui s'est pass&#233; ne peut pas &#234;tre compris, dans la mesure o&#249; comprendre c'est presque justifier. En effet &#8216;&#8216;comprendre'' la d&#233;cision ou la conduite de quelqu'un, cela veut dire les mettre en soi, mettre en soi celui qui en est responsable, se mettre &#224; sa place, s'identifier &#224; lui. H&#233; bien aucun homme normal ne pourra jamais s'identifier &#224; Hitler, &#224; Himmler, &#224; Goebbels, &#224; Eichmann et &#224; tant d'autres encore &#187;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;(Appendice &#224;&lt;i&gt; Si c'est un homme&lt;/i&gt;)&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, Primo L&#233;vi nous dit que, pour un &#233;crivain ou pour un cin&#233;aste, la difficult&#233; quasi insurmontable consiste &#224; dire et &#224; montrer le mal absolu sans l'expliquer, sans le r&#233;duire, sans le trahir, et donc &lt;i&gt;sans trahir ses victimes&lt;/i&gt;. Au bout du compte donc, lorsque l'art cherche &#224; dire le mal absolu, il ne doit pas chercher &#224; dire l'indicible, mais &#224; dire &lt;i&gt;l'indicibilit&#233; m&#234;me du mal en tant que mal absolu.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Conclusion'&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans mon introduction j'ai &#233;voqu&#233; le film de Jack Gold, &lt;i&gt;La grande menace, &lt;/i&gt;et j'ai qualifi&#233; le protagoniste du film, Morlar, d'incarnation du mal radical et non du mal absolu. Pourquoi mal radical plut&#244;t que mal absolu ? Si l'on se reporte &#224; la d&#233;finition kantienne du mal radical, on s'aper&#231;oit que Morlar lui correspond exactement. Kant, on s'en souvient, s'interroge sur les conditions de possibilit&#233; de l'action moralement mauvaise. Il ne s'agit pas pour lui de rechercher le principe &lt;i&gt;objectif &lt;/i&gt;de la moralit&#233;, mais d'&#233;tablir le fondement &lt;i&gt;subjectif &lt;/i&gt;de l'adoption des maximes non conformes a&#768; la loi morale, c'est-&#224;-dire des maximes particuli&#232;res non universalisables. De m&#234;me, Kant fait alors l'hypoth&#232;se de la pr&#233;sence d'un penchant au mal inn&#233; dans la nature intelligible de l'homme. C'est ce penchant qui produit dans le monde ph&#233;nom&#233;nal notre inclination a&#768; ne pas respecter la loi morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, c'est bien de cela qu'il s'agit chez Morlar : d'un penchant au mal qu'il ne comprend pas lui-m&#234;me et qu'il nomme dans le film sa &#171; &lt;i&gt;mal&#233;diction&lt;/i&gt; &#187;, mais qu'il fait volontairement sien d&#232;s qu'il prend conscience du pouvoir infini que ce penchant lui procure. Le mal de Morlar n'est donc pas absolu si l'on entend par absolu &#171; sans lien &#187;, puisque ce film relie le mal commis par Morlar &#224; l'ensemble des &#233;v&#233;nements qui l'expliquent. De plus, m&#234;me si Morlar finit par devenir &#171; comme un dieu &#187; puisqu'il est plus fort que la mort, le mal qu'il incarne reste relatif &#224; autre chose que lui-m&#234;me car il s'explique par ce que Morlar a lui-m&#234;me souffert en tant qu'enfant, adulte, mari et p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le second film dont je vous ai parl&#233;, &lt;i&gt;Le fils de Saul&lt;/i&gt;, il ne s'agit plus d'un mal radical mais d'un mal absolu. Le mal dans lequel est plong&#233; Saul est, en effet, absolu parce qu'il &#233;chappe &#224; ceux qui tenteraient de le nommer, de l'exprimer et de l'expliquer. Le film de Nem&#232;s sugg&#232;re d'une mani&#232;re tr&#232;s fine ce qu'est le mal absolu en s'abstenant de le montrer : tout est flou dans ce film hormis le visage de Saul, tout est sugg&#233;r&#233; par des bruits et des cris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pos&#233; dans cet expos&#233; trois questions : peut-on conna&#238;tre l'origine du mal ? Qu'est-ce que le mal radical ? Peut-il exister un mal absolu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la premi&#232;re question, j'ai r&#233;pondu que les th&#233;odic&#233;es qui cherchent &#224; remonter &#224; la source du mal se heurtent &#224; la difficult&#233; d'attribuer le mal &#224; Dieu. Elles posent donc que le mal ne provient que de la &lt;i&gt;privation &lt;/i&gt;qui d&#233;rive de l'imperfection originelle des cr&#233;atures. Mais si le mal trouve ainsi une explication rendant compte de sa re&#769;alite&#769; et de sa nature, il devient fort difficile de comprendre le lien existant entre le mal et la libert&#233;. Je me suis donc tourn&#233;e vers Kant pour tenter de comprendre ce lien. Selon Kant, tout &#234;tre raisonnable est soumis a&#768; la loi morale, et qui dit libert&#233; dit responsabilit&#233;. Mais il est possible de concevoir une volont&#233; qui reconna&#238;t la loi de la raison tout en la violant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la responsabilit&#233; s'exerce aussi bien dans le respect de la loi morale que dans l'acte orient&#233; vers le mal. Il s'ensuit que la libert&#233; donne au mal une positivit&#233; : la positivit&#233; d'une force, non pas contradictoire, mais contraire au bien. Par cons&#233;quent, le mal n'est plus une privation. Mais il existe une limite de la libert&#233; pour le mal : un &#234;tre libre n'a pas le pouvoir de se lib&#233;rer de la loi de libert&#233; et de choisir le &lt;i&gt;mal pour le mal&lt;/i&gt;. La volont&#233; humaine n'est donc &lt;i&gt;ni&lt;/i&gt; absolument bonne, puisqu'elle peut choisir le mal, &lt;i&gt;ni &lt;/i&gt;absolument mauvaise, puisqu'elle ne peut pas choisir le mal pour le mal. Le mal radical kantien appara&#238;t ainsi comme pensable, c'est-&#224;-dire explicable et compr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je me suis demand&#233; s'il n'y avait pas un autre mal, un mal &lt;i&gt;absolu&lt;/i&gt;, qui &#233;chapperait tout &#224; la fois &#224; notre raison et &#224; Dieu lui-m&#234;me. Ce mal absolu, Hannah Arendt nous a aid&#233; &#224; mieux le cerner. Dans son ouvrage sur Eichmann, elle montre que le &lt;i&gt;mal absolu&lt;/i&gt; est celui qui transforme la nature humaine, voire qui &#233;radique l'humanit&#233; de l'homme. Le mal absolu invalide ainsi &#224; sa source la question morale en rendant possible l'impossible. Il ne ressortit plus, d&#232;s lors, des cat&#233;gories du punissable ou du pardon. Il n'a plus rien de commun avec le mal m&#233;taphysique, le mal moral ou le mal radical, parce que non seulement il d&#233;passe tout ce que l'on pouvait imaginer, mais encore il d&#233;sarme nos sch&#233;mas intellectuels de compr&#233;hension.&lt;br class='manualbr' /&gt;Selon Arendt, les crimes qui ont &#233;t&#233; commis pendant la seconde guerre mondiale nous obligent &#224; prendre en compte cette nouvelle forme du mal, vis-&#224;-vis de laquelle les concepts forg&#233;s par la th&#233;ologie ou la philosophie se r&#233;v&#232;lent impuissants. Ce qui an&#233;antit toute tentative de compr&#233;hension du mal absolu est donc l'absence de tout motif et de toute raison compr&#233;hensible dans les crimes commis par les responsables nazis. C'est, pour le dire dans les termes d'Emmanuel L&#233;vinas dans un article intitul&#233; &#171; le scandale du mal &#187;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; &#171; l'arbitraire irr&#233;ductible du mal ''m&#233;chant'', du mal sans r&#233;pondant ni r&#233;ponse &#187;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais terminer cet article par un po&#232;me, celui du grand Paul Celan, intitul&#233; &lt;i&gt;Fugue de mort (Todesfuge,)&lt;/i&gt; &#233;crit en 1945. Ce po&#232;me dit l'horreur de la d&#233;portation, la douleur de la perte, l'an&#233;antissement du juda&#239;sme et de l'humanit&#233; des hommes. Il dit le mal absolu. La langue po&#233;tique de Celan ouvre &#224; une r&#233;alit&#233; terrible pour toujours expos&#233;e au regard du monde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Lait noir de l'aube nous le buvons le soir&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;nous le buvons midi et matin nous le buvons&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;la nuit&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;nous buvons nous buvons&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;nous creusons une tombe dans les airs on n'y&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;est pas couch&#233; &#224; l'&#233;troit&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Un homme habite la maison il joue avec les&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;serpents il &#233;crit&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il &#233;crit quand vient le sombre cr&#233;puscule en&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Allemagne tes cheveux d'or Margarete&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il &#233;crit cela et va &#224; sa porte et les &#233;toiles&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;fulminent il siffle ses dogues&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il siffle pour appeler ses Juifs et fait creuser&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;une tombe dans la terre&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;il ordonne jouez et qu'on y danse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt; : Jacques Derrida mentionne le mal radical dans de nombreux textes, parmi lesquels : &lt;i&gt;Le retrait de la m&#233;taphore &lt;/i&gt;(dans Psych&#232; 1, 1987), &lt;i&gt;Circonfession &lt;/i&gt;(1991), &lt;i&gt;Politiques de l'amiti&#233; &lt;/i&gt;(1994), &lt;i&gt;Mal d'Archive &lt;/i&gt;(1994), &lt;i&gt;Force de loi &lt;/i&gt;(1994), &lt;i&gt;&#201;chographies de la t&#233;l&#233;vision &lt;/i&gt;(1996), &lt;i&gt;Adieu a&#768; Emmanuel Levinas &lt;/i&gt;(1997), &lt;i&gt;Foi et savoir &lt;/i&gt;(2000), &lt;i&gt;&#201;tats d'a&#770;me de la psychanalyse &lt;/i&gt;(2000), &lt;i&gt;Papier Machine &lt;/i&gt;(2001). Pour renvoyer a&#768; ce th&#232;me, plus fr&#233;quent dans son &#339;uvre a&#768; partir des ann&#233;es 1990, les mots utilis&#233;s peuvent changer. : il est parfois question du &lt;i&gt;pire&lt;/i&gt;, parfois de la &lt;i&gt;loi du pire&lt;/i&gt;, parfois encore du &lt;i&gt;mal radical ou du mal absolu&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fin de vie : l'Assembl&#233;e adopte de nouveau le texte cr&#233;ant un droit &#224; l'aide &#224; mourir</title>
		<link>https://www.2026.croyancesetvilles.fr/Fin-de-vie-l-Assemblee-adopte-de-nouveau-le-texte-creant-un-droit-a-l-aide-a-mourir.html</link>
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		<dc:date>2026-02-26T20:37:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>REDACTION</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>droits de l'homme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;forme soci&#233;tale majeure en discussion depuis des ann&#233;es le texte cr&#233;ant un droit &#224; l'aide &#224; mourir dans la dignit&#233; poursuit son chemin l&#233;gislatif malgr&#233; des oppositions politiques et religieuses.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/-Droits-de-l-homme-et-libertes-.html" rel="directory"&gt;Droits humains et libert&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Societe-+.html" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-droits-de-l-homme-19-+.html" rel="tag"&gt;droits de l'homme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s ont adopt&#233; mercredi pour la deuxi&#232;me fois, par 299 voix contre 226, la proposition de loi cr&#233;ant un nouveau droit &#224; l'aide &#224; mourir. Il sera &#224; nouveau examin&#233;e au S&#233;nat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le rapporteur g&#233;n&#233;ral du texte, Olivier Falorni (groupe MoDem), a imm&#233;diatement eu des mots pour les malades et leurs proches : &#171; Aujourd'hui, nous leur disons que nous les avons entendus et qu'ils auront enfin, dans notre pays, le droit de pouvoir partir en paix, en libert&#233; et par humanit&#233; &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; dans l'h&#233;micycle, tr&#232;s &#233;mu et la voix tremblante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce scrutin en deuxi&#232;me lecture s'est tenu apr&#232;s plus d'une semaine de discussions graves et minutieuses, salu&#233;es comme &#171; respectueuses &#187; par Emmanuel Macron, selon son entourage. Le pr&#233;sident s'est aussi f&#233;licit&#233; qu'elles aient permis &#171; d'avancer dans le sens d'un mod&#232;le humaniste &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;sidente de l'Assembl&#233;e, Ya&#235;l Braun-Pivet a elle redit sa d&#233;termination &#224; permettre une adoption d&#233;finitive d'ici l'&#233;t&#233;, bien que certains jugent ce calendrier tr&#232;s serr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;put&#233;s soutenant la r&#233;forme ont d&#233;fendu un texte d' &#171; &#233;quilibre &#187;, pour un droit &#171; encadr&#233; &#187;. Ses opposants ont jug&#233; qu'il ne s'agissait pas d'une loi &#171; d'ultime recours &#187;. Elle &#171; concernera aussi des personnes ayant plusieurs ann&#233;es &#224; vivre &#187;, a lanc&#233; Philippe Juvin (LR), dans un r&#233;quisitoire enflamm&#233; &#224; la tribune.&#171; Trois ans que nous d&#233;battons, trois ans que la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise m&#251;rit cette question &#187;, a r&#233;torqu&#233; Julie Laernoes (groupe &#233;cologiste). 'Aujourd'hui, il est temps.'&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette progression &#171; t&#233;moigne d'une prise de conscience croissante des cons&#233;quences graves que ce texte pourrait avoir &#187;, ont r&#233;agi les Associations familiales catholiques (AFC).&lt;br class='autobr' /&gt;
En premi&#232;re lecture, en mai, le texte avait &#233;t&#233; adopt&#233; par 305 voix contre 199. Les nouveaux votes contre viennent notamment des groupes LR, Horizons et MoDem.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Renforcement-des-soins-palliatifs'&gt;Renforcement des soins palliatifs &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aucune consigne de vote n'a &#233;t&#233; donn&#233;e sur un sujet jug&#233; intime, toutefois les groupes politiques ont tous convenu de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;velopper les soins palliatifs. Un premier texte sur le sujet a &#233;t&#233; adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; mercredi, pr&#233;voyant notamment la cr&#233;ation de &#171; maisons d'accompagnement et de soins palliatifs &#187;, interm&#233;diaires entre le domicile et l'h&#244;pital. Le &#171; droit opposable &#187; &#224; disposer de soins palliatifs a cependant &#233;t&#233; supprim&#233;, ses contempteurs invoquant des risques de contentieux qu'il entra&#238;nerait.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Discussions-sur-le-mode-d-administration'&gt;Discussions sur le mode d'administration &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant le scrutin sur le deuxi&#232;me texte, concernant l'aide &#224; mourir, certains points clivants ont fait l'objet d'un nouveau vote. L'Assembl&#233;e est revenue sur des amendements adopt&#233;s parfois sur un fil et qui pr&#233;voyaient le libre choix du mode d'administration de la substance l&#233;tale. Plusieurs &#233;lus avaient d&#233;clar&#233; ne plus pouvoir soutenir le texte si ce changement &#233;tait maintenu.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Assembl&#233;e a ainsi d&#233;cid&#233; de refaire de l'auto-administration du produit la r&#232;gle et l'administration par un soignant l'exception. Le texte pr&#233;voit ainsi que le malade s'administre lui-m&#234;me le produit sauf s'il n'est &#171; physiquement pas en mesure de le faire &#187;, auquel cas un m&#233;decin ou un infirmier s'en chargera.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce &#171; r&#233;tablissement est une bonne nouvelle &#187;, a salu&#233; Agn&#232;s Firmin-Le Bodo (Horizons). &#171; Mais je veux dire que cet &#233;quilibre reste fragile. Il a failli basculer dans cet h&#233;micycle et il pourrait basculer &#224; nouveau &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Association pour le droit de mourir dans la dignit&#233; (ADMD) a au contraire regrett&#233; la suppression de cette &#171; avanc&#233;e &#187; qui permettait &#171; la libert&#233; individuelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id='Naissance-d-un-delit-d-incitation'&gt;Naissance d'un d&#233;lit d'incitation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s se sont &#233;galement &#224; nouveau prononc&#233;s sur la caract&#233;risation de la &#171; souffrance &#187; ouvrant la possibilit&#233; de demander une aide &#224; mourir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte pr&#233;voyait que le patient doive pr&#233;senter une souffrance &#171; physique ou psychologique &#187;, mais, &#224; l'initiative du gouvernement, les d&#233;put&#233;s ont supprim&#233; cette notion, pr&#233;cisant qu'une &#171; souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de b&#233;n&#233;ficier de l'aide &#224; mourir &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Falorni a regrett&#233; &#171; une hi&#233;rarchie des souffrances &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Certains ont tent&#233;, en vain, de remplacer le terme d'aide &#224; mourir par ceux de suicide assist&#233; et d'euthanasie ou de supprimer le d&#233;lit d'entrave pr&#233;vu. Un d&#233;lit d'incitation a toutefois &#233;t&#233; ajout&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La proc&#233;dure coll&#233;giale d'instruction de la demande et la clause de conscience pour les soignants ont &#233;t&#233; valid&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
La proposition de loi n'a finalement que peu &#233;volu&#233; par rapport &#224; la premi&#232;re lecture. Le parcours l&#233;gislatif du texte est loin d'&#234;tre fini. Il doit retourner en avril au S&#233;nat, qui l'avait rejet&#233; en bloc en premi&#232;re lecture. Le gouvernement devra ensuite vraisemblablement donner le dernier mot &#224; l'Assembl&#233;e. Ce qui supposera alors une r&#233;union pour tenter de concilier s&#233;nateurs et d&#233;put&#233;s, et, apr&#232;s un probable &#233;chec, un nouvel examen dans chaque chambre puis une lecture d&#233;finitive &#224; l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Iran, Islamiste, La&#239;cit&#233; : Histoire d'un affrontement &#187; le plaidoyer de Didier IDJADI pour un Iran la&#239;que et d&#233;mocratique</title>
		<link>https://www.2026.croyancesetvilles.fr/Iran-Islamiste-Laicite-Histoire-d-un-affrontement-le-plaidoyer-de-Didier-IDJADI-pour-un-Iran-laique-et-democratique.html</link>
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		<dc:date>2026-02-22T07:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>KONARZEWSKI</dc:creator>


		<dc:subject>Libre acc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Islam</dc:subject>
		<dc:subject>Citoyennet&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>La&#239;cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sociologue Franco-Iranien, Didier IDJADI, est l'auteur de &lt;i&gt;Iran, Islamiste, La&#239;cit&#233; : Histoire d'un affrontement&lt;/i&gt;. Dans un ouvrage sensible, humain, p&#233;dagogique et tr&#232;s document&#233;, il nous donne toutes les clefs de compr&#233;hension de la situation actuelle en Iran et y livre ses espoirs pour la soci&#233;t&#233; iranienne.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/-Laicite-Republique-citoyennete-.html" rel="directory"&gt;La&#239;cit&#233; et R&#233;publique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Livres-+.html" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-International-+.html" rel="tag"&gt;International&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Politique-+.html" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Religion-+.html" rel="tag"&gt;Religion &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Islam-23-+.html" rel="tag"&gt;Islam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Citoyennete-+.html" rel="tag"&gt;Citoyennet&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Laicite-14-+.html" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Societe-+.html" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.2026.croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L105xH150/recto---iran_-islamisme-et-lai_cite_-07b02.jpg?1771228881' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En fin analyste d'une soci&#233;t&#233; iranienne pour laquelle il aspire &#224; un avenir d&#233;mocratique et la&#239;que, Didier IDJADI, auteur de &lt;i&gt;Iran, Islamiste, La&#239;cit&#233; : Histoire d'un affrontement,&lt;/i&gt; nous expose les ressorts du rejet des Iraniens du r&#233;gime chiite actuel et les raisons de sa chute qu'il esp&#232;re tr&#232;s prochaine. Il a accept&#233; de r&#233;pondre &#224; quelques-unes de nos questions sur son ouvrage et sur ce dernier &#233;pisode tragique que traverse la soci&#233;t&#233; iranienne dans le contexte d'une possible intervention am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Votre analyse de la soci&#233;t&#233; iranienne et de son histoire est vraiment fine et &#233;clairante sur la situation actuelle et votre ouvrage, porteur d'espoir malgr&#233; votre constat terrible sur les conditions de vie pour les 70 % d'Iraniens qui, aujourd'hui, rejettent la religion chiites et son r&#233;gime. Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots comment l'islam s'est-il implant&#233; dans l'histoire et la soci&#233;t&#233; iranienne, pourquoi le chiisme est-il devenu la religion officielle de l'Iran et comment l'alliance entre les dirigeants politiques et les mollahs, les ayatollahs et les chefs religieux s'est-elle form&#233;e ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La conqu&#234;te arabo-islamique de la Perse a eu lieu au VIIe si&#232;cle, il y a environ 1400 ans. Elle a abouti &#224; la fin de l'Empire sassanide et au d&#233;clin de culture perse et de la religion zoroastrienne en Perse, de l'Iran d'aujourd'hui. L'occupation et la domination arabe n'ont pas &#233;t&#233; imm&#233;diates et totales. Elles ont rencontr&#233; des r&#233;sistances locales sporadiques. Avant la conqu&#234;te, les Perses &#233;taient majoritairement zoroastriens avec lesquelles coexistaient aussi de grandes communaut&#233;s juives et chr&#233;tiennes, notamment nestoriennes. Apr&#232;s l'invasion arabe, les adeptes des trois religions ont &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; pratiquer leur foi moyennant les restrictions impos&#233;es par les conqu&#233;rants. Puis au cours des si&#232;cles, peu &#224; peu l'ensemble s'est homog&#233;n&#233;is&#233; et la plupart des peuples iraniens, incluant les Persans, se convertirent &#224; l'islam, principalement d'ob&#233;dience sunnite. Ce n'est qu'au XVIe si&#232;cle, il y a 500 ans, que le chiisme appara&#238;t en Iran avec dynastie des Safavides dont l'autorit&#233;, le Khalifa, &#233;tait bas&#233;e sur la religion. Leur l&#233;gitimit&#233; s'est fond&#233;e sur le fait d'&#234;tre des descendants masculins directs d'Ali ainsi que sur la mise en &#233;chec des tentatives d'invasion de l'ouest du pays par l'empire ottoman sunnite. Le choix du chiisme est alors une strat&#233;gie politico-religieuse de r&#233;sistance. &#192; cette &#233;poque d'autres communaut&#233;s chiites vivent dans la r&#233;gion, notamment au Liban. Les Safavides vont les chercher. Dans le m&#234;me temps, la cour royale d&#233;signe Allameh Madjlessi d'Ispahan pour &#233;dicter une doctrine et une charte d'une version particuli&#232;re de l'Islam. Allameh Madjlessi compose un ouvrage de 110 volumes, une encyclop&#233;die chiite iranienne rapportant des r&#233;cits historiques, des commentaires sur le Coran. Il y recueille aussi toute la sagesse qu'il a pu trouver, y compile le plus grand nombre de hadith parmi tous les corpus de traditions chiites, afin de conserver ce savoir pour les prochaines g&#233;n&#233;rations. C'est &#224; partir de ce moment l&#224; que l'Islam chiite devient la religion officielle de l'Iran et que le pouvoir des Safavides en s'appuyant sur le clerg&#233; chiite force les iraniens (sunnites et soufies) &#224; s'y convertir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut attendre 1925 et la dynastie Pahlavi pour voir un r&#233;el changement du rapport entre religion et politique en Iran. Il s'agit de la derni&#232;re dynastie qui a r&#233;gn&#233; en Iran avant l'av&#232;nement de la R&#233;publique islamique. Un peu auparavant, en 1906, une r&#233;volution contre la monarchie avait abouti &#224; la cr&#233;ation d'une constitution et d'un parlement et ouvert la voie &#224; R&#233;za Khan. il est alors le premier ministre du dernier roi de la dynastie Qadjar. Il est nomm&#233; en d&#233;cembre 1925 par le Majlis (l'assembl&#233;e consultative islamique), empereur de Perse sous le nom de R&#233;za Chah Pahlavi. La constitution de 1925 inscrit toujours l'Islam comme religion officielle de l'Iran. Mais R&#233;za-chah, peu religieux, entour&#233; de beaucoup de personnes qui avaient fait leurs &#233;tudes en France, de Franc-ma&#231;ons aussi, instaure un r&#233;gime tr&#232;s la&#239;cis&#233;. Son r&#232;gne, extr&#234;mement s&#233;culier et souverainiste, a permis la modernisation &#224; grande &#233;chelle de l'Iran malgr&#233; l'opposition des religieux et des nationalistes. En 1941, lorsque Mohammad R&#233;za Pahlavi lui succ&#232;de, beaucoup de croyants iraniens font des p&#232;lerinages sur les tombes des Imams chiites. Plus religieux que son p&#232;re, n&#233;anmoins, comme lui, il poursuit la modernisation de l'Iran et tient le Coran &#224; distance des affaires du pays, la religion &#233;loign&#233;e de l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; partir de 1960, dans la derni&#232;re partie de son r&#232;gne, que le chiisme a commenc&#233; a r&#233;investir la soci&#233;t&#233; iranienne avec l'activisme de l'Ayatollah Khomeini. Des &#233;coles religieuses sont cr&#233;&#233;es. Elles dispensent un enseignement g&#233;n&#233;ral mais avec une mati&#232;re religieuse assez accentu&#233;e. Une mosqu&#233;e est cr&#233;&#233;e dans l'Universit&#233; de T&#233;h&#233;ran. Les partisans de Khomeini engagent une islamisation par le bas du peuple iranien.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1979, face &#224; l'autoritarisme du Chah et &#224; la r&#233;pression de la Savak, la majorit&#233; des iraniens sont devenus de plus en plus r&#233;ceptifs aux discours et &#224; la propagande religieuse de Khomeini. La gauche iranienne, le parti Tudeh, que l'on peut qualifier de &#171; stalinien &#187;, ou de parti communiste traditionnel ayant soutenu l'Union sovi&#233;tique tout en adoptant le nationalisme pour s&#233;duire davantage les Iraniens, voit d'un bon &#339;il un Khomeini anti-imp&#233;rialiste et anti-am&#233;ricain. C'est l' association des religieux (mollah et r&#233;formateurs) avec la gauche iranienne qui a favoris&#233; la r&#233;volution de 1979. Mais le chiisme des mollah, contrairement &#224; celui des Safavides o&#249; le roi n'&#233;tait pas associ&#233; au Majlis, est un pouvoir th&#233;ocratique, un gouvernement politique et religieux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les promesses de d&#233;veloppement et d'une vie meilleure faite par la R&#233;publique islamique ont &#224; cette &#233;poque convaincu les Iraniens et rendu la population tr&#232;s religieuse.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous &#233;crivez p. 233 que &#171; L'attachement &#224; la civilisation et &#224; la culture anciennes de l'Iran est un facteur de changement de r&#233;gime &#187;, pouvez-vous nous en dire plus et croyez-vous que la culture perse et ses courants spirituels ou croyances comme le Mazd&#233;isme /Zoroastrisme ou encore le Baha&#239;sme peuvent inspirer l'avenir ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Aujourd'hui en 2026, apr&#232;s 47 ans d'un r&#233;gime th&#233;ocratique chiite, la soci&#233;t&#233; a boug&#233;. Il y a un retour vers la civilisation ancienne, ses croyances et ses traditions. J'en donnerai comme exemple la f&#234;te de Norouz, le nouvel an iranien. C'est un symbole de la culture persane et iranienne f&#234;t&#233; depuis 5000 ans et qui continue d'&#234;tre pratiqu&#233; et valoris&#233;. Chaque ann&#233;e, tous les iraniens, quel qu'ils soient, c&#233;l&#232;brent toujours cette f&#234;te. L'Islam chiite qui en a fait un combat car on s'y rencontre, on n'y manifeste sa joie avec de la musique et du vin, n'a pas r&#233;ussi &#224; l'&#233;touffer. La population reste &#233;galement attach&#233;e au message de Zarathoustra et &#224; la po&#233;sie iranienne et veut y revenir. En Iran, l'Islam est devenu synonyme de d&#233;clin dans la conscience collective. Mais si la soci&#233;t&#233; iranienne regarde vers le pass&#233;, elle ne tourne pas le dos &#224; l'avenir, &#224; la d&#233;mocratie, &#224; la philosophie et aux Lumi&#232;res. Comme je l'ai dit pr&#233;c&#233;demment, cette aspiration &#224; la modernit&#233; a &#233;t&#233; amorc&#233; en 1906, elle s'accentue aujourd'hui. Les iraniens veulent vivre leur identit&#233; et la modernit&#233;. C'est une tendance profonde dans la soci&#233;t&#233; qui donne un sens particulier &#224; ce qui se passe aujourd'hui en Iran et nous s&#233;pare de l'islamisme avec de grand changement sociologiques. Je vous donnerai un autre exemples avec les enterrements. Aujourd'hui, les hommes et les femmes s'y m&#233;langent, ils chantent, &#233;coutent de la musique, applaudissent, enterrent leurs morts dans leurs habits, tout ceci sans la pr&#233;sence de religieux, sans r&#233;citations du Coran et autres pri&#232;res.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans votre r&#233;flexion, vous misez beaucoup sur les intellectuels iraniens (que vous classez dans votre livre en quatre groupes) pour organiser l'avenir. Les injonctions que vous faites &#224; ces intellectuels sont-elles r&#233;alistes dans le simple constat de leur nombre et de leur capacit&#233; &#224; se lib&#233;rer du r&#233;gime, &#224; penser librement aujourd'hui ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'une des caract&#233;ristiques de l'Iran est son haut niveau d'&#233;ducation. Nous avons en Iran et &#224; l'&#233;tranger, une &#233;lite intellectuelle de chercheurs et d'universitaires dans de nombreux domaines : sciences humaines, sciences exactes, informatique, IA, architecture. Mais tous ces universitaires ne sont pas tous engag&#233;s dans un processus politique contre le gouvernement. Ils travaillent &#224; produire du futur, chacun dans leur domaine. Ces intellectuels ne sont pas des politiques, ils n'ont pas d'engagement soci&#233;tal et certains d'entre-eux sont de tendance islamique mod&#233;r&#233;e. Pour moi un vrai intellectuel ne peut pas &#234;tre prisonnier de tabous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les quatre cat&#233;gories d'intellectuels iraniens que j'ai distingu&#233; dans mon livre, il y a ceux qui cherchent &#224; parler de l'Islam qui se posent en r&#233;formateurs. Je pense par exemple au penseur et philosophe musulman Abdolkarim Soroush qui vit aux &#201;tats-Unis. Son temps, leur temps est termin&#233;, les Iraniens n'en veulent plus. Il en va de m&#234;me pour la seconde cat&#233;gorie des intellectuels de la gauche traditionnelle iranienne qui n'ont pas &#233;volu&#233; et qui gardent pour mod&#232;le le collectivisme, le marxisme sovi&#233;tique, le pouvoir ouvrier des soviets. Ils ne produisent pas d'id&#233;es nouvelles. Ils sont contre le r&#233;gime mais sont fig&#233;s. Ils &#233;taient tr&#232;s nombreux au moment de la R&#233;volution islamique, mais sont devenus minoritaires (10 %), et bien moins nombreux aujourd'hui que ceux, tr&#232;s dispers&#233;s, de la troisi&#232;me cat&#233;gorie (30 &#224; 40 %) qui se d&#233;finissent comme la&#239;ques Ces intellectuels d&#233;mocrates, sociaux-d&#233;mocrates ou de droite nationaliste, pour qui l'id&#233;ologie de gauche fait partie du pass&#233;, souhaitent l'instauration d'un pouvoir la&#239;que. La derni&#232;re cat&#233;gorie, dont je fais partie, regroupe les intellectuels ath&#233;es, la&#239;ques et qui rejettent l'Islam et le marxisme. Nous repr&#233;sentons 15 &#224; 20 % des intellectuels iraniens et nous militons, sans int&#233;r&#234;t politique il faut le pr&#233;ciser, en Iran et &#224; l'&#233;tranger pour l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; la&#239;que et pour la libert&#233; intellectuelle en Iran. Il y a &#233;videmment des passerelles entre ces deux derni&#232;res cat&#233;gories et nous fondons beaucoup d'espoirs sur la troisi&#232;me cat&#233;gorie d'intellectuels que j'ai d&#233;crite quant &#224; sa capacit&#233; &#224; faire &#233;merger une force politique valable et cons&#233;quente pour l'avenir ainsi que pour ravir &#224; la premi&#232;re cat&#233;gorie des r&#233;formateurs de l'islam, le monopole de la discussion intellectuelle.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous vous interrogez, p. 234, &#171; Aujourd'hui, la question est : quels sp&#233;cialistes dans les domaines de l'&#233;conomie, de la justice, de l'&#233;ducation, de la culture, de l'industrie, de la production, de la m&#233;decine, de l'environnement, des droits modernes et des contrats commerciaux internationaux ont formul&#233; des propositions ? &#187;. Que repr&#233;sentent-ils aujourd'hui et sont-ils en capacit&#233; de faire ces propositions apr&#232;s tant d'ann&#233;es d'assujettissement au pouvoir des mollah, au chiisme d'&#201;tat ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Comme je l'ai indiqu&#233; pr&#233;c&#233;demment l'Iran a toujours &#233;t&#233; dot&#233; d'un tr&#232;s niveau d'enseignement. Que ce soit en Iran ou &#224; l'&#233;tranger, nous avons beaucoup de sp&#233;cialistes, une &#233;lite de savants et d'ing&#233;nieurs dans tous les domaines : &#233;conomie, politique, sociologie, informatique et digital, intelligence artificielle,... Bien s&#251;r, si le r&#233;gime tombe avec ses cadres et ses sp&#233;cialistes, il ne s'agira pas de faire un grand remplacement. Pour les politiques qui seront amen&#233;s &#224; gouverner le pays, il y aura la n&#233;cessit&#233; de rassembler toutes les forces vives. R&#233;za Palhavi a commenc&#233; &#224; mettre en place des commissions pour un futur &#201;tat, mais beaucoup d'intellectuels n'en font pas partie. De m&#234;me, l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI) &#233;tablie en Irak et oppos&#233;e au r&#233;gime du Chah puis &#224; celui de la R&#233;volution islamique ne peut repr&#233;senter une alternative intellectuelle. Elle n'entre pas dans l'opposition d&#233;mocratique iranienne. Elle est toujours class&#233;e comme organisation terrorisme par l'Iran et l'Irak.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans votre ouvrage, vous distinguez plusieurs soci&#233;t&#233;s au sein de l'Iran dont une, p.236, comme &#171; la soci&#233;t&#233; des aspirations et des espoirs dont l'existence rel&#232;ve de la psychologie, fa&#231;onne les motivations des acteurs et annonce la fin d'une trag&#233;die &#187;. Quelle sera son r&#244;le dans les changements que vous appelez pour l'Iran ? Cela sera-t-il plut&#244;t l'oeuvre des femmes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La majorit&#233; des iraniens sont pr&#234;ts pour le changement de r&#233;gime et &#224; se lib&#233;rer des valeurs religieuses. Ils veulent vivre dans une soci&#233;t&#233; aux valeurs d&#233;mocratiques. Comment d&#233;finir la morale de la soci&#233;t&#233; &#224; venir ? Assur&#233;ment dans un mod&#232;le &#233;galitaire des relations homme-femme en rupture avec le mod&#232;le et les r&#232;gles patriarcales &#233;tablies par le Coran. Ce mod&#232;le est d&#233;j&#224; pour partie, tomb&#233;. Les femmes iraniennes ont un certain leadership dans la soci&#233;t&#233; actuelle. Beaucoup poss&#232;dent un haut niveau d'&#233;tudes &#224; l'&#233;gal des hommes et elles sont en capacit&#233;, &#224; leurs c&#244;t&#233;s, de structurer la future soci&#233;t&#233; iranienne.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Peut-on r&#233;ellement penser aujourd'hui &#224; un changement de r&#233;gime et l'adoption d'une constitution la&#239;que en Ir&lt;/i&gt;an ? &lt;i&gt;&#201;tablir la la&#239;cit&#233; En France ne s'est pas fait en un jour et sans heurts - quid de l'Iran ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La soci&#233;t&#233; iranienne a v&#233;cu durant 47 ans l'exp&#233;rience de l'islam politique, d'une th&#233;ocratie qui contr&#244;le la vie des gens et l'islamisation de la soci&#233;t&#233;. Ce totalitarisme poltico-religieux, les iraniens n'en veulent plus. Nous avons une majorit&#233; de notre &#233;lite qui a rompu avec le r&#233;gime islamique en place et r&#233;clame une s&#233;paration de la Religion et de l'&#201;tat. Les partis politiques qui cherchent aujourd'hui &#224; prendre le pouvoir sont aussi pour un &#201;tat la&#239;que. Ce sont les &#233;l&#233;ments favorables &#224; ce changement de r&#233;gime attendu. Mais la chute du r&#233;gime actuel comporte des risques, notamment celui de l'impr&#233;paration de la transition vers un r&#233;gime d&#233;mocratique. Si les &#233;v&#233;nements actuels acc&#233;l&#232;rent la chute du r&#233;gime, tout peut devenir compliqu&#233;. La soci&#233;t&#233; la&#239;que iranienne n'en &#233;mergera pas forc&#233;ment. Le changement peut conte toute attente ramener le pass&#233;. Il nous faut encore le pr&#233;parer avec des militants sur le terrain pour travailler avec la population &#224; l'id&#233;e et &#224; l'&#233;tablissement d'une vie d&#233;mocratique, pour trouver des repr&#233;sentants de ces id&#233;es qui puissent se pr&#233;senter aux &#233;lections d'un &#201;tat en transition.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Selon vous, quelles sont les perspectives des &#171; n&#233;gociations &#187; entre les &#201;tats-Unis et le r&#233;gime iranien ? Pensez-vous qu'elles puissent aboutir &#224; une chute de r&#233;gime et &#224; l'&#233;mergence de cette nouvelle soci&#233;t&#233; iranienne &#224; laquelle vous aspirez ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour les iraniens, le maintien du r&#233;gime au del&#224; de ces n&#233;gociations est une grande inqui&#233;tude. Le r&#233;gime actuel est dans l'internationalisation de ces troupes, y compris pour la r&#233;pression de sa propre population qui est aujourd'hui dans sa tr&#232;s grande majorit&#233; pour une intervention des am&#233;ricains. Le peuple est sans armes et le r&#233;gime est capable de continuer les massacres des 8 et 9 janvier derniers. Les manifestations continuent en Iran et mettent en &#233;vidence la dynamique de la soci&#233;t&#233;. S'il y a des frappes am&#233;ricaines, cela accentuera les tensions au sein des diff&#233;rents groupes et organisations du pouvoir actuel d&#233;j&#224; fragilis&#233; par les mouvements de contestation et leur r&#233;pression. Peu avant notre discussion, j'ai re&#231;u des messages en provenance d'Iran montrant la d&#233;termination du peuple iranien au changement : &#171; Si R&#233;za Palhavi lance de nouveaux appels aux manifestants, nous descendrons dans la rue &#187; m'a-t-on dit, ou encore, &#171; Aujourd'hui les gens ont perdu des proches, ils n'ont plus peur &#187;. Je suis confiant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant, concernant, la n&#233;gociation en cours, je pense qu'elle va &#233;chouer et que les &#201;tats-Unis et les isra&#233;liens vont intervenir face &#224; ce r&#233;gime qui ne veut pas n&#233;gocier ni changer.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Actes antireligieux &#8211; Actes antir&#233;publicains : mais o&#249; est la la&#239;cit&#233; ? </title>
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		<dc:date>2026-02-20T11:44:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>KONARZEWSKI</dc:creator>


		<dc:subject>Libre acc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>Judaisme</dc:subject>
		<dc:subject>Antis&#233;mitisme</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>La&#239;cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Citoyennet&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Catholicisme </dc:subject>
		<dc:subject>Islam</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Selon les chiffres du Minist&#232;re de l'int&#233;rieur, le nombre d'actes antireligieux s'est maintenu &#171; &#224; un niveau similaire &#187; en 2025 &#224; celui de 2024, avec un total de 2489 faits recens&#233;s, dont plus de la moiti&#233; &#233;tait des actes antis&#233;mites. Les actes antis&#233;mites ont diminu&#233; de 16% &#224; 1320, ce qui reste &#171; un niveau historiquement &#233;lev&#233; &#187;, tandis que les actes antimusulmans ont bondi de 88% &#224; 326 ; un total de 843 actes antichr&#233;tiens ont &#233;t&#233; recens&#233;s, soit une hausse de 9%, a pr&#233;cis&#233; jeudi le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/-Editoriaux-.html" rel="directory"&gt;Editoriaux&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Libre-acces-+.html" rel="tag"&gt;Libre acc&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Judaisme-35-+.html" rel="tag"&gt;Judaisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Antisemitisme-+.html" rel="tag"&gt;Antis&#233;mitisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Philosophie-+.html" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Laicite-14-+.html" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Religion-+.html" rel="tag"&gt;Religion &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Societe-+.html" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Citoyennete-+.html" rel="tag"&gt;Citoyennet&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Catholicisme-27-+.html" rel="tag"&gt;Catholicisme &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Islam-23-+.html" rel="tag"&gt;Islam&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon les chiffres du Minist&#232;re de l'int&#233;rieur, le nombre d'actes antireligieux s'est maintenu &#171; &#224; un niveau similaire &#187; en 2025 &#224; celui de 2024, avec un total de 2489 faits recens&#233;s, dont plus de la moiti&#233; &#233;tait des actes antis&#233;mites. Les actes antis&#233;mites ont diminu&#233; de 16% &#224; 1320, ce qui reste &#171; un niveau historiquement &#233;lev&#233; &#187;, tandis que les actes antimusulmans ont bondi de 88% &#224; 326 ; un total de 843 actes antichr&#233;tiens ont &#233;t&#233; recens&#233;s, soit une hausse de 9%, a pr&#233;cis&#233; jeudi le minist&#232;re dans un communiqu&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il ressort de ces constats, que depuis 25 ans, les actes antis&#233;mites &#171; n'ont jamais &#233;t&#233; aussi &#233;lev&#233;s que pendant les trois derni&#232;res ann&#233;es &#187;. Mais les actes antimusulmans et antichr&#233;tiens sont eux aussi en augmentation. Le contexte des attaques sanglantes du Hamas le 7 octobre 2023, suffirait-il &#224; expliquer la hausse des premiers que l'interrogation persiste sur la hausse des deux derni&#232;res cat&#233;gories d'actes anti-religieux et notamment celle des actes anti-chr&#233;tiens ? Doit-on y voir la r&#233;miniscence d'une guerre des religions, d'une guerre contre les religions ou d'un exemple du ph&#233;nom&#232;ne social, r&#233;guli&#232;rement observ&#233; et mesur&#233;, de la mont&#233;e des incivilit&#233;s, de l'intol&#233;rance, de la violence dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise qui se manifestent dans les &#171; refus d'obtemp&#233;rer &#187; jusqu'aux &#233;v&#232;nements tragiques de Lyon qui ont men&#233; &#224; la mort de Quentin Duranque. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une Tribune, publi&#233;e jeudi dans le Monde, un collectif de citoyens fran&#231;ais, juifs et musulmans, rejetant la mise en concurrence des souffrances, d&#233;clare, tout &#224; fait justement &#171; Lorsque la haine des juifs et la haine des musulmans progressent, la promesse r&#233;publicaine se fragilise &#187;. Mais qu'est ce que le promesse r&#233;publicaine si ce n'est l'&#233;nonc&#233; de l'article 1 de sa constitution : &#171; La France est une R&#233;publique indivisible, la&#239;que, d&#233;mocratique et sociale. Elle assure l'&#233;galit&#233; devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. &#187; et sa devise &#171; Libert&#233;-&#201;galit&#233;-Fraternit&#233; &#187;. &#192; la re-lecture de ces &#233;nonc&#233;s, l'alerte de cette tribune lanc&#233;e par Les Guerri&#232;res de la paix, un collectif de militantes engag&#233;es pour la paix, la justice et l'&#233;galit&#233;, se trouve tout &#224; fait l&#233;gitime et justifi&#233;e. Il n'en reste pas moins que son message r&#233;duit au religieux un ph&#233;nom&#232;ne de fragilit&#233; sociale bien plus important, ou pour le moins ne l'envisage que sous le &#171; sans distinction d'origine, de race ou de religion &#187; ; un souhait, de moins en moins accessible ou atteignable, et qui semble &#234;tre l'un &#8211; si ce n'est le principal, des probl&#232;mes ou maux qui mine la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. On en voudra pour preuve les orientations, discours, programmes de certains partis politiques qui prosp&#232;rent sur cette difficult&#233;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Alors pourquoi se demander ici : &#171; o&#249; est la la&#239;cit&#233; ? &#187;. La question qui se fait ainsi jour est, en termes philosophiques, celle de la distinction entre les principes (de la R&#233;publique) et les valeurs (de la R&#233;publique). Les principes ne sont en effet pas des valeurs, tout comme les valeurs ne sont pas des principes (fonctionnellement et substantiellement). Les principes ont pour objet de fonder, et, dans un registre politique, ils ont l'objectivit&#233; ou l'effectivit&#233; juridique d'une Constitution ou de ce qui en tient lieu. Ils commencent, ils commandent, ils sont intangibles. La La&#239;cit&#233; est un principe de la R&#233;publique. Les valeurs, en revanche &#8211; ou plut&#244;t les &#233;valuations dont elles sont des cristallisations temporaires &#8211; ont pour objet de hi&#233;rarchiser sur la base de certains jugement de valeur, et elles d&#233;bouchent sur des ordres de pr&#233;f&#233;rence : on pr&#233;f&#232;re la paix &#224; la guerre, la convivialit&#233; &#224; l'affrontement violent, ce sont des valeurs sociales et religieuses. Mais elles n'ont pas, en tant que telles, l'objectivit&#233; d'un syst&#232;me de principes objectiv&#233; dans la constitution ou dans la loi, elles n'existent pas sans forces, sans pratiques, sans des formes tr&#232;s diverses, m&#234;me pacifiques, de conflictualit&#233;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Avec pour racine la libert&#233;, la libert&#233; de croire ou de ne pas croire, la libert&#233; de conscience, le principe de la&#239;cit&#233; se trouve donc comme socle d'un ordre social apais&#233;, d'une libert&#233; dont d&#233;coule l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233;. Mais tout cela, et il y faut y insister, ne peut se r&#233;aliser, sans &#233;ducation nationale, sans un syst&#232;me &#233;ducatif permettant l'acquisition de connaissances partag&#233;es et partageables par tous, sans l'acquisition du savoir, du savoir-&#234;tre. Alors oui, les actes antireligieux sont des actes antir&#233;publicains, mais en premier lieu, ils sont anti-la&#239;cit&#233; ! C'est ce qu'en France l'on aimerait, l'on devrait lire et entendre pour les condamner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le probl&#232;me du mal : Le mal dans son rapport &#224; la libert&#233; humaine</title>
		<link>https://www.2026.croyancesetvilles.fr/Le-probleme-du-mal-Le-mal-dans-son-rapport-a-la-liberte-humaine.html</link>
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		<dc:date>2026-02-19T16:09:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Pigler</dc:creator>


		<dc:subject>Expertises</dc:subject>
		<dc:subject>Libre acc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le probl&#232;me du mal (2/3) - Comme nous l'a montr&#233; Agn&#232;s Pigler dans son premier article, se questionner sur l'origine du mal conduit &#224; des impasses philosophiques et th&#233;ologiques. Dans cette seconde partie de sa r&#233;flexion sur le probl&#232;me du mal, et son rapport &#224; la libert&#233;, la philosophe s'appuie sur la pens&#233;e de Kant qui envisage le bien et le mal dans les limites de la libert&#233; humaine, c'est &#224; dire &#224; l'aune de la volont&#233; et du libre-arbitre moral.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.2026.croyancesetvilles.fr/local/cache-vignettes/L104xH150/illustration-le-mal-2_3-87b0b.jpg?1771517566' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le probl&#232;me du mal (2/3) - Comme nous l'a montr&#233; Agn&#232;s Pigler dans son premier article, se questionner sur l'origine du mal conduit &#224; des impasses philosophiques et th&#233;ologiques car, explique-t-elle : &#171; si le mal peut recevoir un sens, ce n'est certainement pas celui qui consiste a&#768; l'int&#233;grer, pour en amoindrir le scandale, dans une Providence incompr&#233;hensible pour nous. Il faudrait tout au contraire prendre le mal au s&#233;rieux en tant que d&#233;fi lanc&#233; a&#768; la libert&#233; humaine a&#768; partir de cette libert&#233; m&#234;me &#187;. Dans cette seconde partie de sa r&#233;flexion sur le probl&#232;me du mal et son rapport &#224; la libert&#233;, la philosophe s'appuie sur la pens&#233;e de Kant qui envisage le bien et le mal dans les limites de la libert&#233; humaine, c'est &#224; dire &#224; l'aune de la volont&#233; et du libre-arbitre moral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mal est &lt;i&gt;toujours d&#233;j&#224; la&#768;&lt;/i&gt;, inexplicable, ancre&#769; a&#768; notre condition ontologique et sans cesse mis en &#339;uvre par nous. C'est l&#224; tout &lt;i&gt;le paradoxe d'une libert&#233; pre&#769;ce&#769;de&#769;e par le mal qu'elle va provoquer.&lt;/i&gt; Faire de notre libert&#233; la racine du mal nous ouvre un autre chemin que celui de la recherche de son origine ; il faut renoncer a&#768; toute &lt;i&gt;explication originaire &lt;/i&gt;du mal. Ce renversement de perspective place le mal dans la seule dimension pratique du questionnement sur nos actes et de notre responsabilit&#233;. Penser la relation du mal et de la libert&#233; revient donc, en premier lieu, a&#768; s'interroger sur la nature me&#770;me de l'action humaine. En effet, si &#234;tre responsable signifie d'abord r&#233;pondre de ses actes, en s'affirmant comme leur cause active, toute la difficult&#233; r&#233;side dans la de&#769;finition de cette activit&#233;. En fait, le rapport entre notre libert&#233; &#224; la loi est, pour une part, un &lt;i&gt;probl&#232;me&lt;/i&gt; car il existe une confrontation entre nos inclinations et les prescriptions de la raison et, pour une autre part, une&lt;i&gt; t&#226;che&lt;/i&gt; puisqu'il s'agit pour notre volont&#233; d'agir d'apr&#232;s la loi morale afin de se rendre autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Kant, la duplicit&#233; de l'homme, est donc celle d'un &#234;tre moral et d'un &#234;tre faillible : l'exp&#233;rience montre que l'homme porte en lui un penchant &#224; d&#233;sirer activement l'illicite, agissant ainsi &#224; l'encontre de l'obligation morale. L'homme exprime sa duplicit&#233; d'&#234;tre faillible qui choisit librement de transgresser ce que sa raison lui prescrit comme norme universelle de son &#234;tre moral. La sensibilit&#233;, en tant que r&#233;ceptivit&#233;, ne saurait en rien rendre compte de notre perfection ou imperfection int&#233;rieure. C'est l'entendement lui-m&#234;me qui commande et qui dispose de l'usage de toutes les facult&#233;s pour les soumettre &#224; son libre arbitre. De m&#234;me, le mal ne saurait r&#233;sulter d'une corruption de la raison morale l&#233;gislatrice, car ce serait abolir la loi morale comme conscience et par suite ne plus reconna&#238;tre son autorit&#233;. Mais cela reviendrait surtout &#224; abolir la libert&#233; dans le mal et &#224; concevoir la raison humaine comme raison maligne, voulant le mal pour le mal. Toute la port&#233;e de la r&#233;flexion kantienne est de penser le bien et le mal dans les limites de la libert&#233;, afin de concevoir la responsabilit&#233; de l'homme dans ses choix : sa libert&#233; s'exprime entre deux extr&#234;mes, une volont&#233; pathologiquement d&#233;termin&#233;e et une raison absolument corrompue. Ainsi, force est de reconna&#238;tre que la nature mauvaise de la volont&#233; r&#233;sulte d'un choix volontaire de principes mauvais et immuables. L'homme est donc mauvais parce que ses actions sont la cons&#233;quence du choix intelligible d'une maxime mauvaise prise pour principe d&#233;terminant de sa volont&#233;. Ce point de vue conduit &#224; consid&#233;rer le mal comme un penchant subjectif adopt&#233; par un &#234;tre faillible dans un &lt;i&gt;acte de libert&#233;&lt;/i&gt; qui rend possible la d&#233;viance des maximes &#224; l'&#233;gard de la loi morale. Ce penchant au mal, &#171; qui s'&#233;veille infailliblement aussit&#244;t que l'&#234;tre humain commence &#224; faire usage de sa libert&#233; &#187;, &#233;crit Kant dans L'&lt;i&gt;Anthropologie&lt;/i&gt;, r&#233;sulte d'un mauvais usage de la volont&#233; eu &#233;gard &#224; la loi morale. On voit que, du point de vue du mal moral, c'est bien la responsabilit&#233; de l'homme qui est en jeu car ce mal concerne avant tout sa libert&#233; et le rapport conflictuel de ses penchants &#224; la loi morale. Soumis &#224; la loi de la libert&#233; l'homme &lt;i&gt;fait&lt;/i&gt; librement le mal et c'est pourquoi, confront&#233; au tribunal de sa conscience d'&#234;tre moral, il en porte toute la responsabilit&#233;. D'o&#249; la th&#232;se, expos&#233;e par Kant dans son ouvrage &lt;i&gt;La religion dans les limites de la simple raison, &lt;/i&gt;qui affirme que &#171; Cette proposition : l'homme es&lt;i&gt;t &lt;/i&gt;mauvais, ne peut, d'apr&#232;s ce qui pr&#233;c&#232;de, vouloir dire autre chose que ceci : l'homme a conscience de la loi morale, et il a cependant adopte&#769; pour maxime de s'&#233;carter (occasionnellement) de cette loi. Dire qu'il est mauvais par nature, c'est regarder ce qui vient d'&#234;tre dit comme s'appliquant a&#768; toute l'esp&#232;ce humaine : ce qui ne veut pas dire que la m&#233;chancet&#233; soit une qualit&#233; qui puisse &#234;tre d&#233;duite du concept de l'esp&#232;ce humaine (du concept d'homme en g&#233;n&#233;ral), car elle serait alors n&#233;cessaire, mais que, tel qu'on le conna&#238;t par l'exp&#233;rience, l'homme ne peut pas &#234;tre juge&#769; diff&#233;remment, ou qu'on peut supposer le penchant au mal chez tout homme, me&#770;me chez le meilleur, comme subjectivement n&#233;cessaire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, l'homme ne peut devenir mauvais que par sa libert&#233;, c'est-&#224;-dire par le choix d&#233;lib&#233;r&#233; du mal. La &#171; nature &#187; de l'homme qui entre ici en jeu est donc celle de sa volont&#233; qui, ayant choisie le mal, s'identifie &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les &#171; Essais sur le mal &#187;, que ce soit celui de Paul Ricoeur, &lt;i&gt;Le mal, un d&#233;fi &#224; la philosophie et &#224; la th&#233;ologie,&lt;/i&gt; ou d'Hannah Arendt, &lt;i&gt;Eichmann &#224; J&#233;rusalem. Rapport sur la banalit&#233; du mal&lt;/i&gt;, ou encore celui de Myriam Revault-d'Allones, &lt;i&gt;Ce que l'homme fait &#224; l'homme. Essai sur le mal politique,&lt;/i&gt; ou celui de Hans Jonas, &lt;i&gt;Le concept de Dieu apr&#232;s Auschwitz &#8211; &lt;/i&gt;tous ces Essais donc, ont pris pour point de d&#233;part l'analyse kantienne du mal radical en tant que mal moral. Examinons comment ces auteurs transposent le choix d&#233;lib&#233;r&#233; pour le mal &#224; notre &#233;poque contemporaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'essentiel de la compr&#233;hension par Hannah Arendt du concept kantien de mal radical est contenu dans le commentaire qu'elle en fait dans son livre &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire &lt;/i&gt; : &#171; Kant, le seul philosophe qui, dans l'expression qu'il forgea a&#768; cet effet, dut avoir au moins soup&#231;onn&#233; l'existence d'un tel mal, quand bien me&#770;me il s'empressa de le rationaliser par le concept &#8220;d'une volont&#233; perverse'' explicable a&#768; partir de mobiles intelligibles &#187;. Ce qui est probl&#233;matique pour Arendt dans la conception kantienne du mal radical, c'est par cons&#233;quent la question de la volont&#233; et des motifs, qu'elle comprend comme une &#171; rationalisation &#187;. Au fond, Arendt rejette la possibilit&#233; que le mal puisse &#234;tre li&#233; &#224; une part monstrueuse en l'homme, et son affirmation selon laquelle le mal radical ne s'explique pas par des intentions mauvaises ou par des motifs m&#233;chants la place en situation de rupture avec la tradition occidentale de la philosophie morale. Pourquoi Arendt effectue-t-elle cette rupture ? Parce que la tradition philosophique t&#233;moigne de l'impuissance de notre philosophie morale a&#768; comprendre le mal politique. Et la rupture est encore plus nette avec l'affirmation provocante d'Arendt selon laquelle le mal n'est pas explicable par un retour sur l'intention &#171; on ne parvient pas a&#768; d&#233;couvrir en Eichmann la moindre profondeur diabolique ou d&#233;moniaque &#187;, &#233;crit-elle dans son livre sur &lt;i&gt;Eichmann&lt;/i&gt;. Dans &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire&lt;/i&gt;, elle n'utilise pas l'expression de &#171; mal radical &#187; pour qualifier le caract&#232;re des individus, mais pour faire une description ph&#233;nom&#233;nologique du monde totalitaire ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, une description de la dissolution du monde commun par le totalitarisme. L'&#233;pith&#232;te &#171; radical &#187; vient illustrer le caract&#232;re total d'un mal qui vise &#224; la transformation de la nature humaine, voire &#224; l'&#233;radication de l'humanit&#233; de l'homme. En effet, comme Arendt l'&#233;crit dans &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire&lt;/i&gt; : &#171; le dessein des id&#233;ologies totalitaires n'est pas de transformer le monde ext&#233;rieur, ni d'op&#233;rer une transmutation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233;, mais de transformer la nature humaine elle-m&#234;me &#187;. La source du mal radical se trouve ainsi dans l'exp&#233;rience de la d&#233;solation, dans la perte de l'espace entre les hommes, qui est n&#233;cessaire a&#768; la cr&#233;ation d'un monde commun et, par-l&#224;, de toute vie politique. La question qui se pose alors est de savoir comment Arendt est pass&#233;e du &#171; mal radical &#187;, dans &lt;i&gt;Le syst&#232;me totalitaire&lt;/i&gt;, a&#768; la &#171; banalit&#233; du mal &#187;, dans &lt;i&gt;Eichmann &#224; J&#233;rusalem&lt;/i&gt;. Et la question est surtout de savoir ce que signifie ce nouveau cheminement de pense&#769;e. Disons tout de suite que ce qu'Arendt abandonne avec l'expression &#171; mal radical &#187; ce n'est pas son analyse du totalitarisme comme tentative pour rendre les hommes superflus et d&#233;sol&#233;s, mais c'est proprement la r&#233;f&#233;rence kantienne attach&#233;e a&#768; l'usage de l'expression de &#171; mal radical &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aborder le compte rendu du proc&#232;s d'Eichmann en d&#233;tail, je me bornerai a&#768; en d&#233;gager les &#233;l&#233;ments essentiels pour la compr&#233;hension de la notion de &#171; banalit&#233; du mal &#187;. Arendt d&#233;crit Eichmann comme quelqu'un qui n'avait aucun motif ni aucune raison personnelle pour d&#233;tester les Juifs. Il n'avait, selon elle, aucune conviction id&#233;ologique ; il n'avait pas sa carte du parti nazi et ne connaissait pas tr&#232;s bien leur programme. Il ne prenait jamais de d&#233;cisions de fa&#231;on autonome et s'arrangeait toujours pour agir en fonction d'ordres re&#231;us. Lors de son proc&#232;s, il r&#233;pond aux questions par des phrases toutes faites, des clich&#233;s. En fait, explique Arendt, il avait fait siennes les r&#232;gles de langage &#233;dict&#233;es par le r&#233;gime, et il fut me&#770;me fier de dire que le langage administratif &#233;tait le seul qu'il conn&#251;t. Eichmann est ainsi d&#233;peint par Arendt comme l'arch&#233;type de &lt;i&gt;l'homme superflu&lt;/i&gt;, c'est-a&#768;-dire de l'homme sans croyances, sans profondeur et facilement rempla&#231;able par quiconque e&#251;t accepte&#769; de remplir sa t&#226;che. La th&#232;se qu'elle propose est finalement qu'Eichmann fait preuve de &lt;i&gt;vacuit&#233; de la pense&#769;e&lt;/i&gt;. Il n'est pas corrompu par nature, mais souffre d'un manque de rapport au monde. Le mal qu'il a impos&#233; aux autres &#233;tait sans motif et surtout sans profondeur ontologique. Ce mal est donc banal, car accompli sans jugement. Eichmann est tout simplement incapable de se mettre a&#768; la place des autres, de faire preuve de pens&#233;e &#171; &#233;largie &#187;, au sens kantien du terme. Arendt remarque dans son ouvrage que cette normalit&#233;-l&#224; est encore plus terrifiante que la perversion ou le d&#233;moniaque, car ce &#171; &lt;i&gt;nouveau type de criminel&lt;/i&gt; &#187; d&#233;fie la compr&#233;hension traditionnelle de la criminalit&#233; et &#233;chappe aux valeurs de la morale classique. Ce qui est &#224; proprement parler &#171; terrifiant &#187;, c'est qu'Eichmann incarne l'id&#233;al-type de l'homme totalitaire et exemplifie, en ce sens, la th&#232;se d'Arendt sur la d&#233;solation totalitaire. En effet, l'individu qui n'a plus de rapports authentiques avec les autres travaillera consciencieusement pour devenir un employ&#233; mod&#232;le et pour acqu&#233;rir ainsi une certaine reconnaissance. Il sera pr&#234;t a&#768; effectuer n'importe quelle t&#226;che, me&#770;me l'extermination de millions de personnes, si cette t&#226;che a l'apparence d'un travail routinier soigneusement organis&#233;. C'est ce caract&#232;re d'employ&#233; soucieux de bien faire son travail qui valut &#224; Eichmann le titre de &#171; sp&#233;cialiste &#187; de la solution finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage du &#171; mal radical &#187; a&#768; la &#171; &#171; banalit&#233; du mal &#187; se comprend donc comme la tentative d'&#233;viter que les horreurs totalitaires ne prennent la forme d'une &lt;i&gt;grandeur satanique&lt;/i&gt;. Arendt expliquait en effet, dans la correspondance qu'elle entretint avec Jaspers, que les actes nazis ne pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des crimes ; ce &#224; quoi Jaspers r&#233;pondait : &#171; votre conception m'inqui&#232;te un peu du fait que la faute qui d&#233;passe toute faute criminelle acquiert in&#233;vitablement une certaine &#171; grandeur &#187; &#8212; une grandeur satanique, qui, pour ce qui est des nazis, est aussi loin de moi que le discours sur le &#8216;&#8216;d&#233;monisme'' de Hitler et autres choses de cette sorte. &#187; (&lt;i&gt;Lettre de Jaspers &#224; Arendt du 23 octobre 1946).&lt;/i&gt; Mais c'est justement la prise en compte de cette &#171; grandeur satanique &#187; qu'Arendt veut &#233;viter avec le concept de &#171; banalit&#233; du mal &#187;. Dans le post-scriptum du compte-rendu qu'elle donne du proc&#232;s d'Eichmann, Arendt &#233;crit : &#171; Eichmann n'&#233;tait pas stupide. C'est la pure absence de pens&#233;e &#8211; ce qui n'est pas du tout la m&#234;me chose &#8211; qui lui a permis de devenir un des plus grands criminels de son &#233;poque. Cela est &#8216;&#8216;banal'' et m&#234;me comique : avec la meilleure volont&#233; du monde on ne parvient pas a&#768; d&#233;couvrir en Eichmann la moindre profondeur diabolique ou d&#233;moniaque &#187;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Arendt d&#233;couvre ainsi que les sources du mal ne sont pas myst&#233;rieuses, profondes ou diaboliques ; elles sont plut&#244;t a&#768; la port&#233;e de tous les hommes. Il n'est pas n&#233;cessaire d'invoquer des forces surnaturelles pour comprendre le mal totalitaire. Or, si le mal n'a pas de profondeur ontologique et s'il est banal, il est &lt;i&gt;en notre pouvoir&lt;/i&gt; de le combattre en exer&#231;ant notre facult&#233; de penser et de juger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Arendt donc, le mal se d&#233;place de la sph&#232;re de la morale &#224; celle du politique, car il existe une forme de mal &lt;i&gt;sp&#233;cifiquement&lt;/i&gt; &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt;. L'ali&#233;nation&lt;i&gt; &lt;/i&gt;politique, ce que Arendt d&#233;signe par le &#171; syst&#232;me totalitaire &#187;, est alors le processus par lequel l'&#201;tat perd le sens de ce qui le d&#233;finit pour ne plus se r&#233;duire qu'a&#768; un complexe de violences et de contraintes. On peut radicaliser une telle conception en isolant plus pr&#233;cis&#233;ment encore la sp&#233;cificit&#233; du mal politique, et c'est ce que fait Myriam Revault-d'Allonnes. Au politique est en effet lie&#769; un type particulier d'attente, d'esp&#233;rance me&#770;me, celle de r&#233;aliser &lt;i&gt;sur terre &lt;/i&gt;le meilleur des mondes. D&#232;s lors que cette esp&#233;rance se pr&#233;sente comme un &lt;i&gt;savoir&lt;/i&gt;, d&#232;s lors que la pr&#233;tention a&#768; am&#233;liorer l'homme devient exigence de le &lt;i&gt;transformer, &lt;/i&gt;le politique adopte le point de vue de la th&#233;odic&#233;e, c'est-a&#768;-dire qu'il nie en l'homme tout ce qui r&#233;siste a&#768; cette transformation. Cette forme d'empi&#232;tement de la sph&#232;re publique sur la sph&#232;re priv&#233;e est caract&#233;ristique des r&#233;gimes totalitaires. La libert&#233; de l'individu y est ni&#233;e au nom d'un id&#233;al de perfection incompatible avec la finitude humaine. L'&#201;tat prend en quelque sorte la place de Dieu : il veut modeler l'homme a&#768; son image. Ce type particulier de &lt;i&gt;perversion &lt;/i&gt;(un id&#233;al qui aboutit a&#768; sa n&#233;gation) nous invite a&#768; nous interroger sur le sens et les limites des diverses ripostes possibles au mal humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Myriam Revault-d'Allonnes insiste, dans son ouvrage, sur le risque que le politique fait courir &#224; l'homme en se substituant a&#768; la morale ou, pire, a&#768; la religion, en pr&#233;tendant le transformer. Le politique p&#232;che l&#224; par son exigence (irr&#233;alisable) de parfaire l'individu. Il existe donc une sp&#233;cificit&#233; du mal politique qui tient au type particulier d'unit&#233;, de &#171; synth&#232;se &#187; ou de &#171; totalisation &#187; que le politique vise a&#768; r&#233;aliser. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nous devons aussi r&#233;fl&#233;chir, s'agissant du rapport entre libert&#233; et mal, au fait que l'homme apprend &#224; utiliser la souffrance physique ou psychique pour dominer ou asservir son semblable. Il invente &#224; cette fin les armes les plus raffin&#233;es et les tortures les plus douloureuses. Pouss&#233; par la poursuite des plaisirs, il est entra&#238;n&#233; par une course effr&#233;n&#233;e &#224; la puissance et &#224; la fortune. Dans cette course, la rivalit&#233; primitive prend toutes les formes possibles de la comp&#233;tition f&#233;roce et de la concurrence impitoyable. Dans le but d'obtenir le pouvoir par n'importe quel moyen, il d&#233;veloppe simultan&#233;ment les sympt&#244;mes d'une inflation du moi et d'un d&#233;sir m&#233;galomaniaque de toute-puissance. Cette double inflation fait elle-m&#234;me signe vers l'urgence d'agir, tant il est vrai que, comme Paul Ricoeur l'a soulign&#233;, l'homme qui se trouve confront&#233; au mal &lt;i&gt;se doit&lt;/i&gt; &lt;i&gt;d'agir&lt;/i&gt;, et d'agir en mettant entre parenth&#232;ses certains probl&#232;mes th&#233;oriques, par exemple celui de l'origine du mal. Il doit s'affirmer comme homme par sa lutte contre le mal, ce qui pr&#233;suppose que le mal soit contingent, c'est-a&#768;-dire d&#233;passable. En effet, pour qui songe a&#768; agir, le mal n'est qu'une re&#769;alite&#769; scandaleuse (tout ce qui ne devrait pas &#234;tre) et un appel a&#768; l'action (qui doit le combattre). C'est l'urgence de l'action qui brise le cercle de la r&#233;flexion th&#233;orique posant abstraitement le probl&#232;me de l'origine du mal. Ainsi p&#233;n&#232;tre-t-on dans l'ordre du concret, o&#249; la question n'est plus celle de l'origine mais celle de la fin : il faut agir pour que cesse le mal. Le combat contre le mal impose donc de r&#233;gler par la pratique un certain nombre de probl&#232;mes sp&#233;culatifs. En premier lieu, agir pour que le mal ne soit pas, c'est poser qu'il pourrait ne pas &#234;tre et qu'il est par cons&#233;quent contingent. Ensuite, la question th&#233;orique du sens de la souffrance est resitu&#233;e sur le plan du mal effectif commis par d'autres hommes et c'est sur ce plan que la souffrance demeure partiellement inexplicable. Pourtant, cela n'enl&#232;ve rien au fait qu'elle est d'abord l'effet concret de la violence&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;que l'homme inflige a&#768; l'homme. Il ne s'agit donc plus que d'agir sur cette violence pour diminuer la souffrance dans le monde. On comprend en lisant Ricoeur que le combat pratique contre le mal n'est jamais un pis-aller &#224; une th&#233;orie. Bien au contraire, c'est l'action qui &#171; r&#233;sout &#187;, en les rendant inessentiels, des probl&#232;mes th&#233;oriques insolubles, par exemple celui du rapport entre Dieu et le mal. Il s'ensuit que penser le mal comme effet d'une pratique &#8211; que ce soit du c&#244;t&#233; de ceux qui exercent le pouvoir, ou de ceux qui &#224; l'inverse renoncent &#224; participer aux affaires de la cit&#233;, ou encore de ceux qui choisissent de faire le mal &#8211; c'est se donner les moyens de repenser notre attitude face au mal et c'est chercher les moyens d'y rem&#233;dier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'y a-t-il pas un mal &lt;i&gt;absolu&lt;/i&gt; ? Un mal fait &lt;i&gt;sans aucune r&#233;serve &lt;/i&gt; ; un mal que l'on pourrait presque juger &lt;i&gt;parfait&lt;/i&gt; tant il ne trouve, en chacun de nous, aucune possibilit&#233; de r&#233;action. Un mal &lt;i&gt;stup&#233;fiant &lt;/i&gt;m&#234;me parce qu'il d&#233;passe l'entendement ; un mal absolu sans rapport avec ce que l'on peut normalement imaginer ou penser, c'est-&#224;-dire expliquer et comprendre. Un mal donc, qui transgresserait, non pas la limite qui s&#233;pare le licite de l'illicite, mais la limite entre le possible et l'impossible, le pensable et l'impensable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; suivre : &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le probl&#232;me du mal : Comprendre le mal comme mal absolu&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Relire l'article pr&#233;c&#233;dent : &lt;a href=&#034;https://www.croyancesetvilles.fr/Le-probleme-du-mal-L-origine-du-mal.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le probl&#232;me du mal : les origines du mal&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>H&#244;pital public : suspension confirm&#233;e pour l'infirmi&#232;re Majdouline B. qui refuse d'enlever son calot</title>
		<link>https://www.2026.croyancesetvilles.fr/Hopital-public-suspension-confirmee-pour-l-infirmiere-Majdouline-B-qui-refuse-d-enlever-son-calot.html</link>
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		<dc:date>2026-02-19T08:25:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>REDACTION</dc:creator>


		<dc:subject>Religion </dc:subject>
		<dc:subject>La&#239;cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette affaire qui s'inscrit dans une proc&#233;dure engag&#233;e depuis plusieurs mois touche &#224; l'application et au respect des r&#232;gles sanitaires, mais aussi de la la&#239;cit&#233;, par les agents de l'h&#244;pital public.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/-Laicite-et-lieux-de-privation-de-liberte-.html" rel="directory"&gt;La&#239;cit&#233; et lieux de privation de libert&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Religion-+.html" rel="tag"&gt;Religion &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Laicite-14-+.html" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Societe-+.html" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.2026.croyancesetvilles.fr/+-Actualites-+.html" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paris - Suspendue huit mois en 2025 pour avoir refus&#233; d'enlever son calot &#224; la Piti&#233;-Salp&#234;tri&#232;re, l' infirmi&#232;re a vu son recours en r&#233;f&#233;r&#233; rejet&#233; mercredi par le tribunal administratif de Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'infirmi&#232;re de la Piti&#233;-Salp&#234;tri&#232;re, Majdouline B. porte constamment durant son service un calot en tissu color&#233; avec des motifs de petits c&#339;urs, un accessoire habituellement r&#233;serv&#233; au bloc op&#233;ratoire ou &#224; la r&#233;animation. L'administration de l'h&#244;pital le lui ayant &#224; maintes reprises signal&#233;, sans qu'elle obtemp&#232;re, la licencie en novembre 2025. L'infirmi&#232;re qui soutient que ce choix rel&#232;ve de sa vie priv&#233;e et non d'un motif religieux, obtient d&#233;but janvier 2026 la suspension de cette sanction et sa r&#233;int&#233;gration. Le tribunal administratif qui juge alors, le licenciement disproportionn&#233;, n'annule pas pour autant la suspension disciplinaire de huit mois d&#233;cid&#233;e par l'AP-HP. L'annulation de cette suspension est l'objet du r&#233;f&#233;r&#233;, qui a &#233;t&#233; mis en d&#233;lib&#233;r&#233; ce mercredi 18 f&#233;vrier.&lt;br class='manualbr' /&gt;Dans sa d&#233;cision, l'institution judiciaire a estim&#233; que la sanction ne pr&#233;sentait pas, &#224; ce stade, de caract&#232;re manifestement excessif tout en pr&#233;cisant que &#171; cette d&#233;cision pr&#233;sente un caract&#232;re provisoire et ne vaut que jusqu'&#224; l'intervention du jugement au fond &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le tribunal souligne &#233;galement qu'&#171; au regard de la persistance de l'agente hospitali&#232;re &#224; porter son calot hors de toute intervention chirurgicale et en contradiction avec les r&#232;gles d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233; des soins, malgr&#233; les injonctions r&#233;p&#233;t&#233;es et le bl&#226;me prononc&#233; ant&#233;rieurement &#224; son encontre, l'exclusion de huit mois n'apparaissait pas disproportionn&#233;e, en l'&#233;tat de l'instruction &#187;. &lt;br class='manualbr' /&gt;La d&#233;cision a suscit&#233; des r&#233;actions syndicales et politiques. Blandine Chauvel, du syndicat Sud Sant&#233; &#224; la Piti&#233;-Salp&#234;tri&#232;re, a d&#233;nonc&#233; &#171; une croisade absurde des directions des h&#244;pitaux de France contre des coll&#232;gues per&#231;ues comme musulmanes &#187;, &#233;voquant &#171; plus de 30 h&#244;pitaux dans toute la France &#187; concern&#233;s selon son organisation. L'avocat de l'infirmi&#232;re, Me Lionel Crusoe, a aussi regrett&#233; une sanction &#171; disproportionn&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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